Archives pour la catégorie Ecrire

Vive la poésie !

Récemment, je suis tombée sur le blog la tanière de Kyban où une enseignante proposait à ses élèves un large choix de poésies classées par thèmes pour que chaque enfant puisse choisir la poésie qu’il voulait apprendre.

Cela m’a donné envie de proposer aux enfants (notamment à Noé) un classeur avec des poésies classées également par thèmes avec un petit dessin sur le côté permettant de reconnaitre le thème. Je souhaitais avoir des petits moments poésie, juste pour le plaisir des mots, et même si on ne comprend pas tout, se laisser bercer par la musicalité des textes !

Si vous voulez voir les poèmes que j’ai proposés pour l’instant, en pdf, c’est là : poésies

Ici par exemple, une poésie portant sur la nuit/le jour/les étoiles/le soleil. Mon but n’était pas de lui demander d’en apprendre, mais simplement de pouvoir lui proposer des poèmes que je pouvais lui lire. J’ai donc commencé à en imprimer un certain nombre (à compléter au fur et à mesure), en essayant à chaque fois de prendre des poètes « reconnus »  .Pendant que j’imprimais mes textes, mon Noé me tournait autour, me demandait ce que je faisais …

Je lui ai expliqué ! Il m’a demandé de lui lire certains poèmes, ce que bien sûr je me suis empressée de faire ! Et puis comme j’étais occupée à en imprimer d’autres, j’entends mon Noé en train d’essayer d’en déchiffrer d’autres ! Victoire !

Et puis le voilà qui me demande :

– et si j’invente une poésie, tu la mettras dans le classeur ?

– Oui bien sûr ! Mais va l’écrire alors !

Et le voilà parti ! Et il revient avec une poésie …

… puis deux, puis trois ! Bon ce n’est pas encore Arthur Rimbaud, mais j’adore ces textes libres ! 

Puis je lui ai tapé ses textes à l’ordi (oui, il aurait pu le faire, mais il était dans l’enthousiasme et pressé de les voir imprimés !). Bien sûr on a écrit le nom du poète ! Et bien sûr rajouté le petit logo représentant le thème du poème (là, les saisons). Quelle fierté !!! Il a vite relu ses poèmes placés dans le classeur, entre Paul Verlaine et Jacques Prévert ! 

Et puis il m’a demandé si on pouvait aussi mettre les poèmes de son frère Baptiste ! J’ai rapidement remis la main sur celui-là, et hop, imprimé avec ses copains ! 

J’aime quand ça se passe comme ça, tout naturellement !

(Age au moment de l’activité : Noé, 6 ans et 7 mois)

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Gianni Rodari, créativité et cahier d’imagination !

Je voulais aujourd’hui vous parler un peu de Gianni Rodari, grand ami de Loris Malaguzzi (mais si, vous savez, la pédagogie Reggio !). Gianni Rodari est un auteur italien de littérature jeunesse ( ça date un peu, il est décédé en 1980) qui a écrit notamment des romans délirants comme la tarte volante, Histoires à la courte paille, Jip dans le téléviseur … Mais il a été aussi un collaborateur de Malaguzzi dans cette fabuleuse aventure Reggio et il est intervenu dans les écoles pour apporter ce qui lui tenait à coeur, le lien entre raison et imagination.

Rodari a une idée qui me séduit beaucoup, c’est que la liberté créative est le pilier, le pivot de l’éducation.

La créativité n’est pas une faculté à part, particulière, mais elle est une caractéristique de notre façon de penser, de connaître et de faire des choix. C’est un outil pour chercher, ordonner et même transgresser ! Nous découvrons le monde et apprenons en créant, en agissant pas en étant passif . En étant libre de transgresser des modèles conventionnels et de sortir des sentiers battus, en allant s’aventurer au-delà du connu dans des expériences multiples, l’enfant crée son savoir de façon profonde avec une pensée qui lui est propre et qui génère des solutions inattendues.

C’est pour cela qu’il faut aider l’enfant à cultiver sa créativité dans toutes les directions, dans tous les domaines (peinture, histoire, théâtre, danse, musique, poésie … ), à travers notamment ces fameux 100 langages de l’enfant de Malaguzzi afin d’être un « homme complet ».  Rodari propose d’enrichir le milieu de l’enfant par des expériences stimulantes,  et de proposer quotidiennement à l’enfant des petits jeux de création, d’imagination !

Dans cet article, je vous parlerai plus particulièrement de la créativité dans le domaine « d’inventer des histoires » puisque c’était le domaine de prédilection de Rodari. Pour cela, je vous présente l’excellent livre de Gianni Rodari, la « grammaire de l’imagination » !

Oui, je suis d’accord avec vous, ces deux mots paraissent s’opposer et Rodari s’en amuse !!! Il veut surtout fournir de la matière à l’imagination à travers toutes sortes de petits jeux pour aider l’enfant à se lancer dans des histoires plus ou moins folles (en général, plutôt plus que moins ! )

Voici quelques unes de ses propositions :

  • le binôme imaginatif : en se cachant, deux personnes écrivent chacune un mot puis on invente une histoire avec ces deux mots. On peut s’amuser à les relier par des prépositions, ce qui entraînera des histoires bien différentes. Par exemple : crocodile / fusée : le crocodile dans la fusée (ou la fusée dans le crocodile) , la fusée du crocodile, le crocodile sans fusée …)
  • qu’arriverait-il si … : l’un choisit un sujet (une petite forêt ) l’autre un prédicat (s’envole sur la planète Mars). On peut également choisir un héros au hasard pour notre histoire (Spiderman, une petite souris, l’enfant lui même …) et c’est parti pour une nouvelle aventure !
  • le préfixe : rajouter un préfixe (dé, bis, tri, anti, sous, semi, super, mini, maxi …) et le coller à un mot : puis essayer d’imaginer ce que peut être par exemple un anticrayon (un crayon contrariant qui refuse d’écrire ce que l’on souhaite) et inventer une histoire autour de cet objet
  • Découper des titres de journaux pour créer une histoire ou un poème
  • jouer avec les contes de fée : écrire un conte à l’envers (Blanche Neige et les 7 géants), rajouter un mot incongru dans un conte (le petit chaperon rouge + hélicoptère), faire une salade de contes (quand Peter Pan rencontre le Petit Prince) …, transposer un conte dans un lieu ou une époque incongrus (Hansel et Gretel à New York) …

Et plein d’autres propositions !

Et puis on peut aussi piocher dans les jeux des surréalistes (l’Oulipo) , ou dans des jeux de société dont je vous ai déjà parlé.

Et je me suis dit que ça serait sympa de regrouper ces histoires inventées. Noé avait déjà commencé un cahier de lecture où selon la méthode Decroly on mettait les petites phrases écrites par Noé (que je tapais ensuite à l’ordi en version « correcte »). On a fait migrer ce cahier en cahier d’imagination ! On y mettra toujours les petits textes qu’il écrits mais aussi les histoires qu’il a pu inventer lors de tel ou tel jeu et que je pourrai retranscrire moi même, et qu’il illustre !

Par exemple, c’est avec les  story cubes qu’il a inventé cette petite histoire : j’écrivais ce qu’il racontait puis à côté il a dessiné l’histoire, plutôt sous forme plus ou moins de BD puisqu’il a représenté successivement les différents épisodes de l’histoire. Mais parfois, c’est un dessin unique pour son histoire !

Voilà ! Alors imaginons, créons, rêvons, délirons, rions et que la créativité soit le moteur de nos vies !

Age au moment de l’activité : Noé, 6 ans et 4 mois.

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Et si on sortait ?

Tous nos amis pédagogues nous l’ont dit : rien ne vaut du temps passé dehors dans la nature !!! Pour Charlotte Mason, l’idéal serait même de rester 6 heures par jour dehors,

… et ce quel que soit le temps ! Alors bottes ou sandalettes, casquettes ou capuche, c’est parti !!!

Tout à l’heure on a même fait une petite « promenade montessorienne » avec Noé, sous la pluie … où il me conduisait où il avait envie. Il fallait voir son sourire et l’évident plaisir qu’il prenait !

Un peu d’équilibre pour marcher tout en haut de la bute sur un espace très étroit !

Un autre jour à la rivière un peu de musculation pour Firmin !

L’incontournable barrage : porter des grosses pierres, tirer de grands bâtons, les installer, boucher les trous, observer l’eau monter …

Et puis dehors bien sûr, que ce soit en forêt, près de la rivière ou simplement dans le quartier, on découvre  la nature ! On observe et on sent les fleurs !!!

On examine la prêle, plante préhistorique !

On repère les traces des castors !!!

On passe beaucoup de temps devant la fourmilière, à suivre le trajet des fourmis … Il place délicatement une fleur devant l’entrée pour voir les fourmis s’affairer autour …

On vit un vrai moment de poésie (j’ai pas la photo) en voyant neiger autour de nous les pétales de fleur de l’acacia ! (j’ai songé à apprendre à Noé ce que c’est qu’un haïku pour lui proposer d’en écrire un mais … pas fait pour le moment !)

Et puis on observe ce trou en faisant des hypothèses « scientifiques » ou fantastiques sur la présence de ce trou : quelqu’un a creusé ? L’eau a de pluie ? Un géant a laissé une trace de pas ? (Là encore, une piste pour plus tard pour inventer une histoire, faire un dessin …)

Et puis l’autre jour, je vois mon Noé très occupé.

Il avait ramassé une plume et une feuille … Et il avait entrepris de « tremper » sa plume dans la feuille d’arbre, de gratter  pour écrire avec !

bon pas facile mais expérience autonome intéressante !!! Il faudra qu’on fasse des pigments naturels ensemble pour écrire ou peindre !

Bon ben en conclusion plusieurs pistes à exploiter encore !!!

(Age au moment de l’activité : Firmin, 3 ans et 4 mois ; Noé, 6 ans et 4 mois)

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Inventer et écrire une règle du jeu

Une amie nous a offert pour Noël cette boîte : un plateau de jeux, des bonbons à l’intérieur, mais pas particulièrement de règle. Ca faisait un moment que Noé était très intéressé par cette boîte et voulait y jouer ! Et je lui répondais qu’il faudrait qu’on trouve une règle alors !

Hier, mon Noé relance l’affaire, me montre le jeu, me dit qu’il a inventé une règle, il commence à me raconter tout ça. Moi, je suis en train de faire le repas et j’écoute je l’avoue d’une oreille. Mon Noé insiste, me demande si j’ai compris … « Euh … » et me dit qu’on va oublier la règle, il faut l’écrire ! Ah ben oui Noé, vas-y, va l’écrire ! Ni une ni deux, mon Noé va dans la pièce à côté.

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Et le voilà qui revient avec son papier !

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« J’ai fait deux règles ! Je vais te les lire ! »

Mais c’est que c’est pas mal du tout ! Tout à fait déchiffrable ! Alors on teste les deux règles. Dans la première au cas où vous n’auriez pas compris, on lance le dé en visant les petits trous ronds et s’il reste coincé dans le trou, on peut prendre le bonbon placé dans la case correspondant à l’intérieur de la boîte !

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Et la deuxième règle est plus un jeu de plateau, on lance le dé et le premier dans le trou mange un bonbon ! unnamed-2

Bon, on n’a pas fait beaucoup de parties parce que ça fait beaucoup de bonbons tout ça !!!

(Age au moment de l’activité : Noé, 6 ans et 2 mois)

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Les cadavres exquis

L’autre jour, nous avons joué avec Lison, Baptiste et leur mamie aux cadavres exquis. Ah les cadavres exquis ! Ce jeu inventé par les surréalistes auquel j’aimais beaucoup jouer petite ! (petite note culturelle : vous savez sûrement d’où vient le nom de ce jeu ? De la première phrase ainsi obtenue en jouant : le cadavre exquis boira le vin nouveau ! )

Bon, mais c’est quoi un cadavre exquis ! C’est une phrase inventée à plusieurs sans savoir ce qu’a écrit l’autre précédemment, ce qui donne des phrases étranges parfois très poétiques !

Et comment qu’on y joue ? Il faut être au moins deux joueurs bien sûr, et nombre illimité ! Chacun prend une feuille de papier. On écrit en haut de la feuille un déterminant+nom. Puis on plie un peu la feuille de façon à cacher ce qu’on a écrit et on passe la feuille au voisin. On écrit dessous un adjectif. On plie on passe, puis un verbe, puis un autre déterminant + nom, puis un autre adjectif et nous on a rajouté un complément de phrase (genre complément de lieu, de temps, de manière, vous vous souvenez ?)

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Après une première partie, on s’est vite rendu compte qu’il fallait que l’on précise si le nom était féminin ou masculin, singulier ou pluriel …

Une façon rigolote de réviser (ou d’apprendre …) la grammaire : c’est quoi déjà un déterminant, un nom, un adjectif … L’adjectif placé avant ou après … il faut un verbe transitif (transitif ? C’est quoi cette bête …) … le complément de phrase … le féminin, le pluriel …

Maintenant j’aurais une réponse quand Lison râlera en disant que ça sert à rien la grammaire … Je pourrais lui dire que ça sert à jouer aux cadavres exquis !

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Voici quelques-unes de nos phrases :

Un verbe écarlate cuisine des étoiles heureuses dans la galaxie.

Le ramoneur bleu azur danse des marionnettes monstrueuses au Moyen Age.

Des cordes admirables chatouilleront ses tripes grandes dans la voix lactée.

Le Minotaure imprimé mange la pendule délicate dans une mare.

Un immeuble vieux rencontre une pluie énervante dans la cour de récréation.

Un éclat endormi écrabouille des guirlandes brillantes dans ma chambre.

La minette répugnante éternuait des chiennes brinquebalantes dans un lac profond.

Ce tyrannosaure énormissime mange les fourmis extraordinaires dans une caverne.

 

PAs mal non ? Ce que je trouve étonnant, c’est comment des mots allant très bien ensemble se retrouvent dans une même phrase donnant une certaine cohérence au tout ! : étoiles/galaxie ; tyrannosaure/énormissime/caverne ; éclat/guirlande/brillante et endormi/chambre … Le hasard fait parfois bien les choses comme on dit  !

Un autre jeu auquel Baptiste a joué avec sa mamie : Chacun écrit une question, puis plie pour la cacher et l’autre écrit une réponse, ce qui donne des choses aussi intéressantes !

Allez, tous à vos petits papiers ! Il y a plein d’autres petits jeux surréalistes avec les mots qu’il faudra qu’on teste aussi ! (et découvrir l’oulipo !)

(Ages au moment de l’activité : Lison, 11 ans et 7 mois ; Baptiste, 14 ans et 3 mois)

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Faire un dessin et inventer une histoire

Noé est allé chercher dans ses pots à trésor une petite boucle de ceinture puis l’a collée sur une feuille. ensuite il est allé chercher ses feutres, a dessiné un personnage et enfin a complété le dessin. J’aie bien son « Barbe verte » !

Le lendemain, je lui ai demandé comment s’appelait son personnage. Après plusieurs essais, il l’a nommé « Raklass » puis il a inventé l’histoire de Raklass que j’ai prise en dictée (je notais à mesure qu’il parlait).

    « C’est Raklass qui habite dans un immeuble mais sa porte est plus petite que lui ! Il ne peut que rentrer à quatre pattes. Et il y avait un immeuble juste à côté de chez lui qui s’est écroulé et il y avait des morceaux de l’immeuble qui étaient allés dans son jardin. Il y en avait beaucoup trop et il y passait des heures et des heures, il nettoyait même la nuit. Et un jour, il n’y avait plus de nuit, plus de jour, plus d’après-midi, plus de midi … Tous les gens avaient regardé le ciel : rien. Le ciel s’est cassé. Et tout à coup, l’immeuble se refait tout seul; la nuit, le jour, l’après-midi, tout était revenu ! Et tous les gens regardaient le ciel : « Whaou, c’est déjà la nuit ! » parce que pendant qu’il y avait rien, pendant que le ciel était vide, le matin, le jour et l’après-midi avaient passé. Fin de l’histoire. » 

J’ai trouvé intéressant de voir qu’il intégrait certaines caractéristiques de son dessin dans son histoire et qu’il ait remarqué que c’était illogique que la porte de sa maison soit plus petite que son bonhomme ! C’est aussi intéressant de voir qu’il a intégré dans son histoire un fait réel, à savoir l’immeuble écroulé puisqu’un immeuble près de chez sa mamie s’est effectivement écroulé e que ça l’a marqué. La notion de durée aussi puisque quand on est retourné chez sa mamie quelques jours après la catastrophe, la route était toujours coupée. Mais ensuite, la pensée magique de l’enfant : hop, tout redevient normal, comme par magie ! Les problèmes disparaissent comme ils sont venus !

C’est toujours intéressant de faire parler un enfant sur son dessin, s’il le souhaite ! Il observe plus attentivement ce qu’il a dessiné, fait marcher son imagination, crée une histoire, exprime des choses plus ou moins enfouies.

Et par la suite, on peut continuer et proposer à l’enfant d’en faire autre chose ! Une BD, une peinture tenant compte de tout ce qu’il a inventé en plus et qu’il n’y avait pas dans le dessin d’origine, un film (d’animation ou non)

(Age au moment de l’activité : Noé, 5 ans et demi)

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