Archives du mot-clé pédagogies alternatives

Expérience radiophonique !

Hier, grande première pour moi ! Je me suis rendue avec Madeleine Deny à RFI, Radio France Internationale,  pour participer à l’émission 7 milliards de voisins, présentée par Emmanuelle Bastide. Le sujet de l’émission était la lecture et l’écriture puisqu’aujourd’hui est célébrée la journée internationale de l’alphabétisation.

Nous avons attendu quelques instants derrière la porte du studio, juste le temps de stresser un peu !

Et puis c’était parti pour une émission de 50 minutes, pour répondre aux questions de la journaliste et des auditeurs. On essaie de parler pédagogies alternatives, d’aborder Freinet, Steiner, Montessori … de donner des exemples concrets d’activités, d’insister sur la manipulation, l’approche sensorielle, l’enfant actif, le plaisir, l’importance de donner du sens à la lecture, la nécessité d’éviter toute pression dans l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, d’observer son enfant et de suivre ses intérêts …

On a sûrement oublié des choses importantes mais on a fait au mieux !

Voici un extrait de l’émission où je parle du jeu des messages que l’on retrouve chez Maria Montessori. J’en avais déjà parlé dans le blog dans l’article « messages secrets »

Voilà ! Vous pouvez découvrir l’intégralité de l’émission en cliquant sur ce lien ! 

Et bien sûr, vous pouvez vous procurer « lire et écrire, apprendre avec les pédagogies alternatives »  ainsi que « le grand guide des pédagogies alternatives » dans toutes les bonnes librairies !

Pour découvrir d’autres articles au sujet des pédagogies alternatives, cliquez ici

Pour découvrir d’autres articles sur l’apprentissage de la lecture, cliquez là 

Fifi Brindacier, joie, rebellion et apprentissages informels !

Etant donné que nous avions décidé de passer quelques jours en Suède ce mois de juillet, il était inconcevable de passer à côté de Fifi Brindacier ! J’avais un souvenir un peu vague de la série télé que j’avais finalement assez peu vue, alors j’ai acheté le roman d’origine écrit par Astrid Lindgren pour qu’on le lise ensemble. Et effectivement, on a vu souvent des livres sur la petite héroïne lorsque nous étions en Suède ! Là bas, elle s’appelle Pippi Längstrump ( on comprend pourquoi le traducteur a préféré le prénom de Fifi ^^). En deux mots, Fifi est une fillette orpheline espiègle et libre qui vit seule dans sa maison de manière complètement anticonformiste, avec son singe et son cheval.

La première choses qui frappe à la lecture de ses aventures, c’est la joie de vivre de cette petite fille !

« Ah ! La vie est tout de même formidable ! s’écria Fifi en étirant les jambes. » 

La moindre petite chose la met en joie, la vie est toujours belle pour Fifi ! Elle sait s’enthousiasmer et voir la beauté partout autour d’elle !

Elle est aussi curieuse et ouverte sur le monde, son activité favorite étant d’ailleurs d’être une chercheuse de choses, comme elle dit :

« Le monde est rempli de choses qui n’attendent que d’être trouvées.

– Oh mais quel genre de choses ? insista Annika.

– Oh ! Toutes sortes de choses ! Des pépites d’or, des plumes d’autruche, des rats crevés, des pétards, des vis minuscules, des clous … »

Fifi poussa un cri strident.

-Quel coup de pot ! s’écria-t-elle en soupesant une vieille boîte en fer blanc toute rouillée. Quelle merveille ! On n’a jamais assez de vieilles boîtes » 

Et cette boîte deviendra peut être nous dit Fifi une boîte à gâteaux, un chapeau ou tout autre chose ! Et peu après :

« C’est vraiment mon jour de chance aujourd’hui ! Cette petite bobine est mignonne à croquer ! Parfaite pour souffler des bulles de savon ou pour faire un collier »

En lisant les histoires de cette petite Fifi, j’ai été surprise de retrouver bien des idées des différentes pédagogies alternatives !

Cette boîte, cette bobine qui vont servir dans des bricolages, des jeux, des créations, cela fait bien sûr penser à la pédagogie Reggio ! Utiliser des objets de récup ou de la nature pour des installations, des expériences, des inventions … Ca ressemble quand même pas mal aux loose parts ça !

« (…) un énorme secrétaire muni d’une foule de petits tiroirs. Fifi les ouvrit et montra à Tommy et Annika tous les trésors qu’elle y cachait. Il y avait d’extraordinaires œufs d’oiseaux, des coquillages et des pierres étranges, de magnifiques petites boîtes, des miroirs en argent, des colliers de perles (…) »

Ah ben voilà, on y est à nos loose parts !!!

Et puis bien sûr, l’importance de la nature et de vivre à l’extérieur, et aussi de laisser aux enfants la possibilité de prendre des risques, de bouger, de grimper … de ne pas les laisser dans un cocon, comme c’est le cas pour ses deux petits amis et voisins, Annika et Tommy.  …

« Il y avait également pas mal d’arbres fruitiers et, ô merveille, quelques chênes et ormes centenaires, parfaits pour ceux qui adorent grimper aux arbres. Par contre, le jardin de Tommy et Annika ne regorgeait pas d’arbres de ce genre. Leur maman avait trop peur qu’ils ne tombent et se blessent. C’est pour cela qu’ils n’avaient guère l’habitude de grimper aux arbres. »

Fifi a également une imagination débordante, et adore inventer toutes sortes d’histoires abracadabrantes, tout en ayant parfaitement conscience de l’irréalité de ce qu’elle dit !

« -Est-ce qu’il a des oreilles extraordinairement longues qui lui tombent sur les épaules ?(…) Non … un homme avec des oreilles aussi grandes, ça n’existe pas. Ca serait complètement absurde. Tu imagines un peu ? On ne peut pas avoir des oreilles aussi grandes, du moins … pas dans ce pays, ajouta Fifi, après un moment de réflexion. En Chine, c’est une autre affaire. A ShangaÏ, j’ai vu un chinois avec des oreilles si grandes qu’il pouvait s’en servir comme imperméable. Quand il pleuvait, il se cachait sous ses oreilles, bien au chaud et à l’abri… »

Cela me fait penser aux histoires farfelues écrites par Gianni Rodari, qui intervenait auprès des enfants des écoles Reggio avec sa « grammaire de l’imagination« .Partir d’une situation de départ complètement dingue et imaginer l’histoire qui peut en découler … Exactement comme fait Fifi ici ! On peut penser aussi aux enfants des écoles Freinet qui écrivent des textes libres, quand ils en ont envie, qui peuvent être un récit d’un événement qui leur est arrivé ou au contraire une histoire complètement inventée !

Et puis, un texte qui fera plaisir aux personnes pratiquant l’IEF :

« – Mais tu te rends bien compte qu’il faut que tu ailles à l’école.

– Et pourquoi devrais-je aller à l’école ?

– Pour apprendre des choses, voyons.

– Quel genre de choses ?

– Plein de choses utiles, les tables de multipliccation par exemple.

– Je me suis bien débrouillée sans tables de multiplication pendant des années. Et j’ai bien l’intention de continuer comme ça.

-Allons ! Pense un peu combien c’est triste de ne rien savoir. Imagine quand tu seras grande et quand quelqu’un te demandera par exemple comment s’appelle la capitale du Portugal. Tu ne connaîtras pas la réponse.

– Mais je la connais. Si on me pose la question, je répondrai : « Si vous tenez tellement à savoir comment s’appelle la capitale du Portugal, vous n’avez qu’à écrire directement au Portugal !

– D’accord. Mais ne trouves-tu pas que ce serait mieux si tu le savais toi-même ?

C’est bien possible. Il se peut tout à fait que je passe des nuits blanches à me demander : « Nom d’une pipe, comment s’appelle donc la capitale du Portugal ? » Mais dans ce cas, on ne s’amuse plus tout le temps, répondit Fifi en marchant sur les mains. Et puis, je suis déjà allée à Lisbonne avec mon papa, reprit-elle la tête en bas – car elle savait aussi parler dans cette position. »

Et oui, bien sûr on peut apprendre mille choses en dehors de l’école ! (je précise, mes enfants vont l’école 😉 ) Fifi nous dit que l’on peut apprendre par les événements de la vie, les rencontres, les voyages, les diverses expériences ! On peut savoir que Lisbonne est la capitale du Portugal si l’on y est allé, si l’on a discuté avec un voisin d’origine portugaise, si on aime observer une carte (comme mon Noé !), si dans un livre ou un film un personnage va à Lisbonne … Et puis, si on ne sait pas la réponse, Fifi nous dit qu’on a d’autres moyens pour le savoir : on peut chercher, écrire à quelqu’un qui pourrait nous renseigner …

Elle nous dit qu’on apprend bien ce qui nous est utile, ce qui nous intéresse, ce qui nous amuse …

Elle nous dit aussi qu’on peut apprendre les pieds en l’air et pas forcément sous un bureau !

Et puis elle remet en cause la convention scolaire selon laquelle l’enseignant pose une question et l’élève y répond. C’est encore plus net dans les extraits suivants :

« Que dirais-tu d’un peu de calcul ? Une addition, par exemple. Combien font 7 et 5 ?

Fifi observa la maîtresse, l’air surprise et fâchée.

-Si tu ne le sais pas toi-même, ne compte pas sur moi pour trouver la solution à ta place ! -(…) Je te dirais que 7 et 5 font douze.

-Tu vois bien ! Tu le savais ! Alors, pourquoi me le demander ? »

« – Tommy, si Lisa a 7 pommes et si Axel en a 9, combien en ont-ils tous les deux ?

-Oui, vas-y Tommy, intervint Fifi. Et réponds-moi à ça par la même occasion : si Lisa a mal au ventre et si Axel a encore plus mal au ventre, à qui la faute et où ont-ils fauché les pommes ?

La maîtresse fit comme si elle n’avait pas entendu et se tourna vers Annika :

Gustav est allé en excursion avec ses camarades de classe. Il avait un franc en partant, il lui reste 15 centimes à son retour. Combien a-t-il dépensé ?

-Oui cria Fifi, et j’aimerais bien savoir comment il a gaspillé l’argent, s’il a acheté de la limonade et s’il s’est bien lavé derrière les oreilles avant de partir. »

Fifi est outrée que la maîtresse lui pose des questions dont elle connaît la réponse ! Elle trouve cela complètement absurde ! Et effectivement dans les pédagogies Freinet ou Decroly par exemple, ce sont les élèves eux-mêmes qui se posent des questions, mais de vraies questions en lien avec la vie quotidienne et leurs projets : combien a-t-on besoin d’argent pour acheter le bois nécessaire pour la clôture du jardin ? Ou alors, les enfants jouent à faire des « créations mathématiques » et posent par exemple de petites devinettes à leurs camarades.

A ces questions qui ont peu de sens, Fifi oppose de vraies questions concrètes !

Mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, nulle insolence chez Fifi !

Voici d’ailleurs sa réaction quand on lui reproche son comportement :

« Je me suis mal tenue, moi ? demanda Fifi étonnée. Mais, mais je n’en savais rien ! dit-elle très triste. Et Fifi avait vraiment l’air d’être la petite fille la plus triste du monde. »

Pas une enfant insolente, mais critique! A lire cet excellent article dans apprendre à éduquer : « Sommes-nous prêts à élever des rebelles? »

Alors, à quoi ressemble la journée d’une petite fille libre ? A ça !

« La journée avait été remplie de choses agréables. Fifi s’était levée de bonne heure et avait servi à M. Nilsson du jus d’orange et des croissants au lit. (…) Puis elle avait donné à manger au cheval et l’avait brossé en lui racontant quelques-unes de ses aventures en mer. Puis elle s’étais rendue au salon et avait effectué une grande peinture sur le mur. La peinture représentait une grosse dame vêtue d’une robe rouge et d’un chapeau noir. Celle-ci tenait dans une main une fleur jaune, dans l’autre un rat mort. Fifi trouvait que cette peinture décorait fort bien la pièce. Ensuite elle s’était installée à son secrétaire et avait examiné les œufs d’oiseaux et les coquillages ; elle s’était souvenue des endroits merveilleux où elle et son papa les avaient ramassés (…). Puis elle avait essayé d’apprendre la polka à M. Nilsson mais il n’avait pas voulu. Elle avait pensé un instant d’essayer avec son cheval mais, au lieu de cela, elle s’était enfermée dans son secrétaire. Elle jouait à la sardine dans une boîte de sardines. »

Participer à la vie quotidienne, s’occuper des animaux, peindre librement, observer la nature, rêver, danser, partager ses connaissances avec d’autres (ou essayer !), jeux libres d’imagination … S’exprimer avec les 100 langages de l’enfant comme à Reggio !  Un beau programme, non ? Qui peut se faire en IEF, en écoles « alternatives » mais aussi après l’école, le week end ou pendant les vacances !

Bref, allez découvrir cette attachante petite fille dans un livre très drôle !!! Le texte est facile à lire, à partir de 7 ans environ ( ou moins ou plus !)

Compter et calculer, apprendre avec les pédagogies alternatives

Et voilà donc, après lire et écrire,  le petit dernier dans notre collection :

« Compter et calculer, apprendre avec les pédagogies alternatives »

qui sort le 12 juillet !

Il s’agit comme pour le précédent d’étudier dans les différentes pédagogies dites alternatives leur façon d’aborder les mathématiques et de voir concrètement les pistes d’activités ludiques et de manipulation que l’on peut y trouver.

On rencontrera ainsi au fil des pages Pestalozzi, Froebel, Uno Cygnaeus, Séguin, Grube, Charlotte Mason, Steiner, Montessori, Decroly, Havrenek, Cuisenaire, Freinet, Gattegno, Malaguzzi et la pédagogie Reggio, Fernand Oury, de la Garanderie, Holt, les frères Lyons et la méthode Singapour.

Alors comme promis, en voici quelques images :

Le livre est divisé en six chapitres ( se préparer à compter, s’initier au calcul actif, aller du concret vers l’abstrait, mesurer peser convertir ; additionner soustraire multiplier diviser  et comprendre la géométrie avec des expériences).

 

Chaque chapitre se divise en plusieurs double pages : à gauche, un aspect plus théorique suivant telle ou telle pédagogie, à droite des activités pratiques pour mettre en oeuvre les données de la page précédente.

Comme dans nos autres livres, un petit dialogue entre Madeleine Deny et moi-même sur nos expériences et nos ressentis au sujet de ces différentes façons d’aborder les mathématiques

…avec des photos prises sur le vif de mes loulous en action !

On retrouve à la fin de l’ensemble des six chapitres des biographies et les idées phares de tous les pédagogues abordés dans le livre.

Le livre se termine par un cahier détachable avec du matériel à découper pour réaliser certaines activités ( le matériel papier ne vaut pas bien sûr le véritable matériel Montessori ou autre mais permet de réaliser quand même les activités sans avoir forcément le matériel intégralement …)

Pour voir l’article de présentation du livre « Lire et écrire », cliquez ici, pour celui sur le grand guide des pédagogies alternatives, cliquez là.

Vous les trouverez tous les trois dans toutes vos bonnes librairies, mais vous pouvez aussi les commander sur internet : Le grand guide des pédagogies alternatives ; lire et écrire ; compter et calculer ! N’hésitez pas d’ailleurs si vous les avez aimés à laisser un commentaire sur des sites tels que Amazon, Fnac, Babelio … Cela permet d’avoir une meilleure visibilité ! Merci et bonne lecture !

 

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Lire et écrire : apprendre avec les pédagogies alternatives

Et voilà ! J’ai reçu mes exemplaires de « Lire et écrire » ! En librairie dès les 21 (ce qui fait jeudi prochain !!) mais précommandable dès maintenant sur internet.

Je vais donc pouvoir le feuilleter avec vous pour vous le présenter un peu !!!

Notre objectif avec ce livre était d’aller voir ce qu’un certain nombre de pédagogues pouvaient avoir à nous dire dans plusieurs domaines d’apprentissage. Nous avons tout naturellement commencé par l’apprentissage de la lecture et de l’écriture en étudiant une vingtaine de personnalités connues et d’autres moins connues, mais toutes avec des pistes intéressantes et variées : Froebel, Grosselin, Seguin,  Kergomard, Mason, Steiner, Montessori, Decroly, Claparède, Freinet, Tortel, Borel-Maisonny, Ashton-Warner, Gattegno, Malaguzzi (Reggio), Rodari, la Garanderie, Freire, Holt … et même dans l’Antiquité avec Quintilien !

Ce qui nous a plu, ce sont toutes ces propositions d’apprentissage actif où l’on apprend à lire en jouant, en dansant, en touchant, en dessinant, en écoutant, en chantant, en bougeant, en utilisant les gestes ou les couleurs, en échangeant avec les autres, en prenant en compte la personnalité et l’affectivité de l’enfant… Nous n’avons pas voulu rentrer dans des querelles de méthodes, étant persuadées que chaque enfant est différent et que ces approches multiples se complétaient. L’essentiel est bien d’être dans la joie d’apprendre, de découvrir, d’inventer et de s’amuser !

Chaque double page aborde ainsi un aspect de la lecture autour d’un ou plusieurs pédagogues. Sur la page de gauche, il s’agit de voir ce que ces pédagogues en ont dit et ce qu’ils pouvaient avec les enfants sur ce sujet et sur la page de droite, on retrouve des activités très concrètes et simples à mettre en place.

A la fin de chaque chapitre, nous échangeons avec Madeleine sur les différents points énoncés précédemment, donnant des exemples vécus en famille ou avec d’autres enfants (vous reconnaissez peut-être Noé et Firmin sur les photos 😉 )

A la fin de l’ouvrage, on retrouve tous les pédagogues dont on a parlé dans le livre avec pour chacun une biographie et ses grandes idées, ainsi que les pages où l’on peut les découvrir.

Dans la lignée du grand guide des pédagogies alternatives, voici donc une nouvelle collection qui commence !

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Apprendre avec les pédagogies alternatives : une nouvelle collection !!!

Oui ! Il s’agit bien d’une nouvelle collection qui commence !

Après le grand guide des pédagogies alternatives qui apparemment vous plaît beaucoup, nous avons écrit avec ma co-autrice Madeleine Deny deux nouveaux petits guides :

Lire et écrire , apprendre avec les pédagogies alternatives

Compter et calculer, apprendre avec les pédagogies alternatives.

En restant dans la lignée du grand guide, nous sommes allées voir dans de nombreuses pédagogies (Montessori bien sûr, mais aussi Freinet, Decroly, Reggio, Steiner, John Holt et bien d’autres) ce qui était proposé pour ces divers apprentissages. Vous y verrez donc à la fois des aspects théoriques assortis de multiples activités très concrètes pour accompagner les enfants dans leurs découvertes ! Et puis vous retrouverez des dialogues entre Madeleine et moi qui permettent d’aborder d’autres points et de partager nos expériences !

La bonne nouvelle, c’est que « Lire et écrire » sort très très bientôt, dans une dizaine de jours à peine !

Alors n’hésitez pas à le commander chez votre libraire préféré ( vive les librairies indépendantes !) mais si vous préférez, vous pouvez précommander « Lire et écrire » par exemple en cliquant ici !

« Compter et calculer » le suivra de près et vous pourrez l’avoir courant juillet ( à précommander par exemple en cliquant ici ).

Et puis bien sûr, si vous n’avez pas encore lu le grand guide des pédagogies alternatives (ou si vous souhaitez l’offrir !), cliquez là !

J’ai hâte de les avoir dans les mains et de pouvoir échanger avec vous à leurs sujets !

Une cerise ou deux cerises ?

Aujourd’hui, je voulais vous présenter un loto mis au point par le pédagogue belge Ovide Decroly (contemporain de Maria Montessori) pour l’approche de la numération. (je vous avais déjà proposé un loto Decroly sur les couleurs et l’observation)

C’est un loto que j’ai utilisé non pas avec mes enfants cette fois-ci, mais avec une personne avec un handicap mental. Mais ça convient évidemment très bien pour des petits !

Decroly explique que l’enfant passe par différents stades pour acquérir la notion de nombre : notion de présence ou d’absence, faculté de discrimination et d’identification, notion de pluralité et d’unité, notion de deux. Auparavant, les enfants ont réalisé toutes sortes de jeux de classement et de tris : mettre ensemble des objets identiques ( comme trier différents types de graines par exemple), ou trier par couleurs, par formes… Jouer à des lotos ou il faut placer l’image identique sur le carton (loto des animaux, des véhicules …)

Ici, il s’agit encore d’un loto, loto des fruits, mais la nuance est que dans certaines cases, il y a le même fruit mais en quantités différentes : 1 ou 2.

( vous pouvez imprimer deux fois cette image, une qui servira de carton, et l’autre que vous découperez en images, plastifiées, à placer sur le carton).

L’enfant est donc amené à reconnaître la quantité globalement, il « voit » que une cerise et deux cerises, c’est différent, même s’il n’est pas encore capable de les dénombrer réellement.

J’ai ensuite continué l’activité en associant les cartes avec deux objets avec deux doigts levés, et les cartes avec un objet  avec le pouce levé.

On a ensuite posé des petits pions sur les fruits en les comptant.

Et de la même façon sur les deux doigts de la main.

Puis nous avons retourné les cartes fruits en plaçant les pions qui étaient sur chacune d’elle sur l’autre face du carton, afin d’essayer d’avoir une vision un peu plus abstraite du nombre. On comparait alors avec les deux points noirs du dé que nous avions déjà utilisé.

J’ai ensuite réalisé un autre loto sur le même principe avec des animaux représentés une, deux ou trois fois. C’est nettement plus difficile car dans le loto des fruits, on était dans le cas : il y en a 1 ou plusieurs. Et ici, différencier le 2 et le 3 est alors plus compliqué. Decroly proposait des lotos de ce genre avec des images de petits objets du type allumettes, boutons, vis, plumes… qui étaient représentés de 1 à 5 fois.

Nous avons aussi réalisé l’activité que Decroly propose ensuite : les boutons. Ici, les objets sont tous identiques, il n’y a que des boutons, seule la quantité change . J’ai coupé 18 ficelles : six portant un bouton, six, deux boutons et les six derniers, 3 boutons. La personne devait trier les groupes de boutons en les plaçant dans 3 boîtes : la boîte avec une image de 1 bouton, l’autre de 2 boutons et la troisième de 3 boutons. Decroly propose d’arriver progressivement à classer des groupes de 6 boutons.

J’ai proposé ensuite une version plus simple en collant des boutons sur des bandelettes de cartons par 1, 2 ou 3, toujours à placer dans les boîtes correspondantes, ce qui était plus facile à visualiser.

Et puis nous avons fait toutes sortes d’activités autour du 1 et du 2 : placer un point par rond … ( ici nous utilisons le Spielgaben)

pareil mais les ronds formant un chemin !

Deux boules par case ( moules à muffins …)

Et après avoir placé les boules, on a mis deux gommettes dans chaque rond.

Deux points par ronds …

(qui se sont transformés en deux yeux d’une tête rigolarde, mais ça je vous l’avais déjà montré )

Aligner deux points jaunes, deux bleus, deux verts … en changeant de couleur à chaque fois.

Associer deux triangles … pour faire un carré !

Et donner deux « gâteaux » chacun à nos bonhommes (pour simplifier, d’abord un vert chacun, puis un noir. 1 et 1, ça fait 2)

… des tours de 2 cubes

… enfiler 2 perles

Ici, je lui faisais mes « commandes ». Des cercles colorés délimités par des cordelettes étaient sur la table. Je lui demandais : je voudrais un jaune ici, ici deux rouges … Comme ça en plus on révisait les couleurs !

On a également joué avec un dé sur les faces duquel il y avait soit un point, soit deux points, soit rien. On lançait le dé et l’on mettait dans les cases le nombre de pions nécessaires.

De la même façon, on peut réaliser une petite course ! Chacun son chemin, on lance le dé et l’on avance du bon nombre de cases (0, 1 ou 2) et on essaye d’arriver le premier!

On a également utilisé les boites à compter Nathan (ces jeux éducatifs Nathan ont d’ailleurs été crées à l’époque d’après les jeux Decroly). On doit placer dans les cases la même chose que ce qu’il y a de dessiné sur les bandes : 1 tigre, deux pingouins …On reste dans la reconnaissance visuelle.

J’ai utilisé ces boîtes pour faire une petite activité avec des duplos. Dans la première boîte, j’ai assemblé deux legos. Elle devait faire les mêmes assemblages dans la deuxième boîte. Mais il était un peu difficile de se repérer dans la boite, alors je lui montrais mon assemblage, elle faisait la même chose et on posé chacune nos deux duplos dans notre boîte.

Un peu plus abstrait, il s’agissait de réaliser en duplos le modèle dessiné.Là  encore, je dévoilais les modèles les uns après les autres

Puis on a fait l’inverse : colorier d’après les duplos assemblés …

 

Voilà, je continue à essayer de proposer des situations, des matériels variés pour ancrer cette notion !

Si vous voulez découvrir d’autres situations mathématiques, cliquez ici

Si vous voulez lire d’autres articles sur la pédagogie Decroly, cliquez là !

Et puis bien sûr, si vous voulez en savoir plus sur Ovide Decroly et bien d’autres pédagogues ( avec en plus plein d’activités) , n’hésitez pas à vous procurer le grand guide des pédagogies alternatives !!! ( ça faisait longtemps que je n’avais pas fait ma pub 😉 )