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On apprend avec ses émotions

La joie de découvrir !

Les émotions et les apprentissages sont liés

« On leur a appris à savoir mais on ne leur a pas permis de ressentir » dit Alexander Neill. Nos pédagogues avaient bien compris l’importance de la vie affective dans l’apprentissage. Selon Rudolf Steiner, l’étonnement et l’admiration devraient toujours précéder la connaissance. Comme nous avons vu plus tôt, les neurones avec une fonction cognitive sont indissociables de ceux engendrant des émotions. Émotions et fonctions cognitives agissent donc de pair : nous apprenons beaucoup mieux si des émotions positives entrent en jeu dans l’apprentissage. En effet les émotions ont un rôle notamment dans l’attention, la mémorisation. Ce rôle des émotions dans les apprentissages est de plus en plus étudié en neurosciences. 

On retient mieux si l’on ressent des émotions

Steiner disait qu’il ne fallait pas seulement observer une graine d’un point de vue matériel, mais la saisir de façon vivante par le sentiment, l’imagination, l’émotion. Nous retiendrons mieux une notion si nous avons été émus, si nous avons ri … Dans une leçon d’Histoire par exemple, nous retiendrons plus difficilement une liste de faits lus dans un texte que si nous avons entendu (ou lu) des témoignages de personnes ayant vécu les faits et qui nous ont touchés. Ce que l’on vit au fond de soi devient une source d’impulsion pour élaborer des pensées et des concepts. Steiner conseille de ne commencer à réfléchir à une chose qu’après s’être relié à elle par un vécu. 

Noé qui apprend à être un soldat napoléonien ! Il a tellement ri (et nous aussi !), il s’en souviendra longtemps !

On apprend dans un projet collectif enthousiasmant

Pour Ovide Decroly, on apprend également mieux si les apprentissages sont insérés dans une vie affective et sociale. Dans les écoles Decroly et Freinet, les projets réalisés ensemble, les échanges, la vie en collectivité sont très importants. Ce vécu commun autour du savoir génère des sentiments de plaisir, d’enthousiasme, d’émulation, d’entraide qui s’entremêlent avec ce que les enfants découvrent et apprennent. Toutes ces connaissances acquises ensemble par le biais de cette expérience commune s’ancrent de façon durable grâce à toutes ces émotions ressenties. 

Rémi, Lison et Baptiste qui ont le projet commun de fabriquer une pyramide égyptienne en carton.

Certains émotions sont directement liées au fait d’apprendre

Ces émotions, que l’on nomme émotions épistémiques, sont vraiment liées à l’apprentissage en tant que tel et à l’exploration de la nouveauté. Ce sont par exemple l’intérêt, la surprise, l’enthousiasme, l’émerveillement, le plaisir d’apprendre … Ces émotions peuvent donc faciliter l’attention, la mémorisation, le raisonnement …

La joie de découvrir ces champignons et d’apprendre leur nom

Pour ressentir des émotions qui aident à apprendre

  • Jouer sous forme de pièce de théâtre ou de jeu de rôle une leçon d’Histoire par exemple. Outre le fait de réveiller l’intérêt des enfants, ils peuvent ressentir de la tristesse, de la peur, de la joie en se mettant dans la « peau » de personnes ayant vécu des événements historiques. Ces émotions ressenties ancreront d’avantage les faits dans leur mémoire 
  • Inventer des chansons rigolotes sur des choses rébarbatives à apprendre (tables de multiplication, conjugaison …). « 2×3 = 6, la saucisse … » ; « je mangerai un balai, tu mangeras papa … ». La joie prise à inventer ces phrases absurdes, le rire de les chanter sur l’air de sa chanson préférée … permet d’associer cet apprentissage à quelque chose de positif qui sera plus facile à mémoriser. 
  • Comme le conseillait Charlotte Mason, lire des « living books », des « livres vivants », c’est-à-dire, au lieu d’extraits « secs » de manuels scolaires, des récits captivants d’explorateurs, des romans historiques pleins d’anecdotes … afin que le lecteur soit imprégné d’émotions qui marqueront d’avantage sa mémoire. 
  • Rencontrer un expert dans un domaine (un apiculteur, un artisan, un passionné d’avion ou de Léonard de Vinci …) pour qu’il partage sa passion et que l’on soit touché par « contagion émotionnelle » comme on a vu plus haut par cet intérêt. Ce partage peut aussi avoir lieu dans la famille ou dans un groupe, chacun avec un sujet qu’il adore et maitrise bien.
  • Comme le suggérait Steiner, observer la nature en exprimant des sentiments, en inventant des histoires : cette petite plante qui dormait dans la graine, elle sort maintenant de terre. Elle fait peut-être la course avec une autre graine ! Elle doit sentir les rayons du soleil la réchauffer. Peut-être veut-elle grimper jusqu’à un château comme le haricot magique ! On peut aussi mimer cette petite plantule qui sort de la graine et grandit.  
  • Travailler à plusieurs sur une énigme, un problème de math qui résiste un peu, ou mieux encore sur un problème que l’on s’est donné nous-mêmes (Je me demande combien il y a de secondes dans une journée …)  en écrivant sur une grande affiche ses essais, ses recherches. Puis présenter aux autres groupes ses hypothèses, échanger, débattre. Cette ambiance de recherche et de défi, cette confrontation aux opinions des autres peut entraîner un enthousiasme intellectuel et stimuler l’intérêt. 
Apprendre en écoutant un boulanger passionné par son métier et par le Moyen Age

Des émotions qui ne sont pas en lien direct avec les apprentissages

On peut les distinguer des émotions éprouvées pendant l’activité mais pas en lien direct avec l’apprentissage. Celles-ci peuvent découler des relations avec les camarades ou l’enseignant, du sentiment de réussite ou d’échec, d’éléments totalement extérieurs (la faim, une dispute, un problème familial). Ce pourra être des émotions positives (plaisir, joie, soulagement, espoir, fierté, admiration …) ou négatives (anxiété, peur de l’échec, ennui, découragement, frustration, colère, peur, tristesse, honte, jalousie …).  Cette gestion des émotions est donc importante pour que cela ne parasite pas les apprentissages.

Noé s’ennuie …

Gérer ses émotions

On distingue plusieurs niveaux de compétences émotionnelles. Être capable de :  

  • Comprendre ses émotions
  • Reconnaître des émotions
  • Identifier les émotions des autres
  • Ressentir des émotions appropriées à la situation
  • Réguler ses émotions
  • Gérer dans un groupe les émotions d’autrui. 

Apprendre à réguler ses émotions est donc un point essentiel, passant surtout par la verbalisation et la recherche de solutions positives. On sait que plus un élève sait réguler ses émotions, plus ses « performances » sont bonnes.  Par contre, la stratégie qui consiste à vouloir supprimer les expressions émotionnelles non adaptées pourront avoir des conséquences néfastes, telles que l’agressivité ou la passivité. 

Difficile de gérer ses émotions pour Firmin !

Transmettre son enthousiasme : la contagion émotionnelle

Le rôle de l’adulte qui accompagne les apprentissages est également extrêmement important. Un enseignant passionné saura inspirer ses élèves, leur transmettre son enthousiasme. On parle de contagion émotionnelle. Cette contagion peut également s’opérer entre les élèves, un enfant passionné par un sujet pourra transmettre cet intérêt à ses camarades et leur donner envie d’en apprendre d’avantage. Souvent, les enfants fonctionnent aussi à l’affectif en essayant de bien travailler pour faire plaisir à leurs parents, à leur enseignant … Ils guettent leur approbation et leurs encouragements, souhaitant leur faire plaisir pour qu’ils soient fiers d’eux. Il est très important de les faire basculer de ce « Tu es content de moi ? » à un « Je suis content de ce que j’ai fait. »

Pour apprendre à verbaliser ses émotions

Lison mime la colère
  • Réaliser une roue où seront dessinés six visages ou smileys exprimant les émotions de base : peur, joie, tristesse, dégoût, surprise, colère. L’enfant pourra montrer à l’aide d’une flèche l’émotion ressentie. On peut aussi réaliser des cartes et demander à l’enfant de choisi une couleur par émotion (rouge colère, bleu tristesse …) 
  • L’enfant peut aussi exprimer l’intensité d’une émotion en déplaçant un curseur sur une ligne de 1 à 10, ou encore en plaçant son doigt sur un rond parmi plusieurs de diamètres différents : plus le rond est grand, plus l’émotion est forte. 
  • Mimer une émotion que l’enfant devra reconnaître puis changer de rôles
  • Dire le mot bonjour avec différentes émotions : en étant heureux, triste, en colère … L’autre doit essayer de reconnaître l’émotion.
  • Nommer des moments où l’on ressent telle ou telle émotion. Je suis heureuse quand je caresse mon chat. Je suis en colère quand ma construction se casse. ..
  • Lors d’un conflit avec un camarade, faire un jeu de rôle où chacun se mettra dans la peau de l’autre puis faire verbaliser à chacun ce qu’il a ressenti. 
  • En lisant une histoire, échanger avec l’enfant sur l’émotion ressentie par le personnage. 
  • On peut aussi lui raconter une histoire spécifique où un enfant trébuche et fait tomber toutes ses affaires et dont les autres se moquent. L’enfant peut alors imaginer la suite, dire ce qu’il aurait ressenti dans cette situation, comment aurait-il réagi s’il avait vu un autre enfant dans cette situation, qu’auraient pu faire les autres, quelles seraient les conséquences sur l’ambiance du groupe … Cela permet de développer son empathie, de mieux comprendre ses propres émotions et d’essayer d’imaginer les émotions des autres. 
  • Exprimer une émotion ressentie (colère, tristesse …) par l’art : en dessinant, en peignant, en chantant ou en jouant d’un instrument de musique, en dansant …
  • Dire le nom de l’émotion exprimée dans un tableau célèbre (le cri de Munch pour la peur, vieil homme en pleurs de Van Gogh pour la tristesse, une nana de Nikki de Saint Phalle pour la joie, …) et essayer de verbaliser ce qui nous permet de dire cela. On peut faire de même avec des peintures plus abstraites. En se promenant dans un musée ou en feuilletant un livre d’art, l’enfant peut montrer l’oeuvre la plus joyeuse, celle la plus effrayante, etc. On peut également dire l’émotion ressentie en regardant des extraits de film (les colères de de Funès, la tristesse de Charlot et du Kid …), en regardant des BD (les colères du capitaine Haddock, la joie d’un schtroumpf …) ou en écoutant une musique classique ou en dansant sur cette musique (la tristesse de la musique de la liste de Schindler, la joie d’une musique de ragtime …) . On peut faire écouter aux enfants plusieurs fois ces musiques, et mettre ensemble au point des gestes. Quand on entend une musique joyeuse, on sautille, quand la musique est triste, on avance doucement, tête baissée. Pour la colère, on met les mains sur les hanches et on avance de façon décidée et énergique en fronçant les sourcils ! Et pour la peur on avance dans une direction, puis dans l’autre comme si on cherchait une sortie … on peut aussi mettre ses poings serrés sous son menton avec un air inquiet ! Pour retrouver oeuvres d’art, extraits de films, musiques, etc sur les émotions, cliquez ici !
  • On peut inventer une histoire avec des moments joyeux, des moments inquiétants, etc, et même en faire un petit spectacle muet sur fond de musiques évocatrices. Par exemple, un petit chaperon rouge qui cueille des fleurs sur une musique joyeuse … puis le loup qui arrive sur une musique effrayante, etc …
  • Lorsque l’enfant nous montre un texte, un dessin qu’il a fait, au lieu de lui dire : « C’est beau ! », faire quelques remarques factuelles : « Je vois que tu as fait de grandes formes bleues … » ou alors « Ah, je vois que tu as écrit un texte sur les vikings ». L’aider par contre à dire ce que lui en pense, ce qu’il a voulu exprimer, comment il compte ou non continuer … 
La tristesse de Van Gogh

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Les émotions dans les BD
peur, joie, tristesse par Lison !

On apprend si notre curiosité est éveillée

Petit Firmin tout étonné ! De l’étonnement naît la curiosité.

La curiosité à la base de l’apprentissage

Dès le plus jeune âge, l’enfant est en recherche permanente d’apprentissage. Il découvre le monde, s’étonne et apprend sans cesse car il est curieux de tout. Il est attiré par tout ce qui est nouveau pour lui et s’émerveille d’un rayon de lumière, d’un insecte, d’un instrument de musique … Cette curiosité, c’est vraiment la base des apprentissages, le fondement de tout désir d’apprendre.

Mais comment faire pour que cette curiosité infinie, cette appétence pour les apprentissages nouveaux perdurent lorsque l’enfant grandit ? Plusieurs pistes pour cela sont à explorer : 

  • Cultiver cet étonnement initial :

Il faut vraiment garder à l’esprit qu’à la base de toute curiosité, il y a un étonnement, un émerveillement, une émotion. Soyons attentifs lorsque l’enfant s’extasie pour une petite chose, émerveillons-nous avec lui, prenons le temps d’observer, de décrire, de dire ce que nous ressentons, de nous interroger sur le pourquoi et le comment. 

Firmin intrigué par son ombre, prenant le temps de l’observer.
  • Susciter des questions : 

Comme l’explique Célestin Freinet, l’adulte a tendance à fournir des réponses à des questions que ne se pose même pas l’enfant. Or le processus d’apprentissage est alors inversé, si l’enfant ne s’est pas posé la question, sa curiosité n’est pas titillée et les réponses ne le nourriront pas, il n’apprendra pas ou peu. L’objectif pour l’adulte est alors de susciter des questions en s’appuyant sur le désir de savoir et de comprendre. Et lorsque l’enfant pose une question à un adulte, il peut répondre mais de façon assez succincte. Sa curiosité sera alors peut-être stimulée et il posera de nouvelles questions, alors qu’il n’aurait peut-être pas écouté jusqu’au bout une trop longue explication. On peut également suggérer à l’enfant de donner auparavant ses suppositions pour le pousser à réfléchir et à formuler des hypothèses. 

Noé s’interrogeant sur la décomposition de la lumière, observant l’arc-en-ciel qu’a fait naître le CD.
  • Stimuler cette curiosité

Ces questions peuvent être favorisées en créant un climat stimulant et propice aux échanges et aux questionnements. Chaque situation peut être le point de départ d’incitations permanentes : une visite, une discussion, une rencontre, un fait d’actualité, une observation dans la nature … A partir de ces éléments, l’adulte peut ouvrir des pistes ou relancer l’intérêt. 

Baptiste qui suscite la curiosité de son petit frère Noé, observant ensemble une fleur ou un insecte, se posant des questions.
  • S’appuyer sur des connaissances antérieures :

L’apprentissage est une recherche permanente. Il se construit en s’appuyant sur un tiers de certitude mais aussi sur deux tiers d’incertitude, de nouveauté. Pour pouvoir s’intéresser à un sujet, il est donc nécessaire d’avoir des connaissances de départ. Par exemple, je ne pourrai pas lire un article scientifique extrêmement pointu si je n’ai pas les bases dans ce domaine. Le texte sera totalement abscons pour moi et je m’en désintéresserai vite. Inversement, si je lis un texte très simple sur un sujet que je connais bien et qui ne m’apprend rien, je m’en désintéresserai également. C’est donc ce décalage entre ce que nous savons et ce que nous ignorons qui va nous pousser à chercher, à nous questionner, à trouver des réponses et va aiguiser notre curiosité. Pour Ovide Decroly, la curiosité et l’intérêt sont les deux faces d’un même phénomène. C’est l’intérêt pour un sujet (et donc une certaine connaissance de ce sujet) qui va conduire à être curieux d’en savoir plus, à se poser des questions, à chercher à comprendre ou à mieux connaitre. La curiosité, c’est l’attitude qui va permettre de satisfaire un besoin, un intérêt. Freinet créait donc des situations d’apprentissage où les connaissances étaient réorganisées afin d’intégrer des éléments nouveaux qui relançaient la curiosité.

Rémi, Baptiste et Lison au Louvre, discutant autour des tableaux d’Arcimboldo. Ils connaissaient déjà le tableau de l’été avec les fruits et légumes et découvrent les autres, très intéressés !
  • Rendre actif : 

Si nous sommes simplement observateurs sans être acteurs, notre curiosité ne sera pas suffisamment nourrie et risque de s’étioler. Célestin Freinet conseillait donc de stimuler l’activité des enfants, de créer des situations éveillant leur curiosité mais en les incitant à intervenir par eux-mêmes, à agir. Si l’on est passionné par l’espace, on va être curieux des réponses qu’on va nous donner, des livres qu’on va consulter, des vidéos que l’on va regarder mais l’on va être enthousiaste à l’idée de fabriquer par exemple une maquette du système solaire ou de concevoir des panneaux pour expliquer ses découvertes lors d’un exposé. Cette curiosité dans l’action va susciter imagination et créativité. 

Noé qui fabrique un volcan en terre glaise et va ensuite réaliser une éruption .
  • Approfondir : 

Assouvir une curiosité, c’est aussi avoir la possibilité d’approfondir une question. Pour cela, la question du temps est primordiale.  Si l’enfant s’est intéressé à un sujet, à l’école par exemple, et qu’il pose de nouvelles questions ou apporte de nouveaux documents, il est nécessaire de prendre ce temps avec lui, même si ce n’est plus le thème du moment … Il est important au contraire de valoriser cette volonté d’approfondir, de l’aider à élargir son questionnement en lui proposant suffisamment de matière à penser, que les livres, vidéos, visites, échanges, activités soient nourrissantes. Ces idées de richesse des contenus, de sollicitation de l’intelligence sont extrêmement importantes dans la pédagogie Charlotte Mason. 

Baptiste, après avoir visité plusieurs musées, s’est fabriqué un cahier d’artistes en recherchant quelques éléments de biographie et des oeuvres emblématiques des artistes qu’il a pu découvrir dans les musées.

Quelques idées d’activités pour éveiller la curiosité

  • Mettre en place un cahier de questions. Dès que l’enfant se pose une question ( Comment les dinosaures ont disparu ? Et à quoi ça sert les pyramides en Egypte ? Et c’est où l’Ukraine ? Pourquoi mon sang il est rouge ? et…), lui proposer de l’écrire (ou l’écrire à sa place, selon l’âge) dans ce cahier de questions. Lorsqu’il aura un peu de temps, il pourra faire des recherches ( là aussi avec l’aide adaptée selon l’âge) et ensuite partager à sa famille ou à ses camarades ce qu’il aura appris. 
  • Etablir une correspondance avec un autre enfant. Il pourra ainsi partager ses centres d’intérêt et découvrir ceux d’une autre personne, ce qui pourra éveiller sa curiosité. De manière générale, le partage, l’échange avec d’autres peut ouvrir des horizons. Il apprendra un peu grâce à l’autre, ce qui peut ensuite donner envie d’en savoir plus.
  • Profiter de la passion de l’enfant pour un domaine, par exemple les dinosaures, pour mettre à sa disposition quelques livres ( documentaires ou de fiction)sur le sujet, lui faire visiter un musée, lui proposer de partir à la recherche de fossiles… 
  • Lorsqu’un enfant est très intéressé par un sujet, ne pas hésiter à introduire un peu de nouveauté pour l’ouvrir sur autre chose. S’il est passionné de mythologie grecque, on peut également lui raconter une légende de la mythologie nordique. S’il adore les chevaux, on peut lui parler des tournois de chevaliers, puis à partir de là du Moyen-Age. 
  • Montrer l’exemple : lors d’une promenade, émerveillez-vous de la beauté du papillon, photographiez des empreintes d’animaux ou des troncs d’arbre pour ensuite chercher de quoi il s’agit, …
  • Laisser du temps libre à l’enfant pour qu’il ait le temps de rêver, de se poser des questions, de feuilleter des livres …  Si l’enfant est surchargé d’activités, il n’aura pas l’espace pour laisser sa curiosité naturelle se poser sur tel ou tel sujet. Laisser en libre accès des caisses ou bibliothèque avec des livres sur différents sujets, qu’il aura peut-être envie de regarder s’il s’ennuie un peu !
  • Afficher des outils qui permettent rapidement de répondre à une interrogation : une carte du monde (chez nous, c’est dans la cuisine), une frise historique, un poster pour reconnaitre les oiseaux près de la fenêtre où l’on peut les observer … Ces ressources deviendront une habitude pour vos enfants quand ils auront une question. 
  • Explorer son environnement proche (ou plus lointain lors de voyages). S’arrêter pour observer des ouvriers sur un chantier, une moissonneuse dans un champ, la forme des nuages … Ces observations pourront stimuler la curiosité des enfants qui poseront sans doute des questions. Et si ce n’est pas le cas, l’adulte pourra lui aussi s’interroger à haute voix : je me demande pourquoi il y a des traits blancs dans le ciel … Chacun ira de son hypothèse que l’on pourra par la suite confirmer ou infirmer après recherche. Et lors d’un voyage dans une autre région ou un autre pays, on pourra découvrir des spécialités culinaires, des architectures différentes, essayer de comprendre les règles de ce sport inconnu …
  • Proposer de temps en temps que chaque personne de la famille (ou que chaque élève de la classe) présente un objet qu’il aime ou qui l’intéresse en expliquant pourquoi. Ces échanges peuvent faire naître de nouveaux intérêts. On pourra aussi présenter un livre qu’on a aimé, une musique qui nous plaît, un sport qui nous a intéressés, une découverte qu’on a faite et qu’on veut partager. 
Notre carte du monde accroché dans la cuisine servant très souvent de point de repère lors des discussions à table : un pays évoqué lorsque l’on parle d’actualité (Ukraine par exemple), de sport (jeux olympiques, matchs de foot), de voyages, d’un sujet évoqué en classe, d’un pays rencontré lors dune lecture ou d’un film … Sur cette photo, Noé replace nos cartes de nomenclature des peuples du monde au bon endroit.

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Baptiste dans la rivière avec son épuisette en train de chercher des insectes ou des larves pour mieux les observer ensuite.

On apprend si l’on nous fait confiance et si l’on a confiance en soi

Prendre confiance en étant accompagné. Rémi montre à son petit frère Firmin comment tenir son bol tout seul.

Une confiance indispensable

Confiance en soi, confiance en ses capacités, confiance en l’adulte qui accompagne, confiance en ses choix et en ce que l’on ressent en son for intérieur … Cette confiance est indispensable pour pouvoir apprendre pleinement, mais elle peut aussi se construire peu à peu.

Se sentir en sécurité

Mais pour pouvoir développer cette confiance, l’enfant doit avoir un sentiment de sécurité : sécurité physique et affective, cadre structurant, liens avec autrui, personnes ressources pour l’aider ..

Prendre confiance en soi en jouant librement

Pour avoir confiance en soi, il faut que l’on nous ait laissé la possibilité d’agir librement et de faire nos propres choix.

Apprendre à faire tout seul : Noé se sert de l’eau avec un petit pichet adapté à sa taille plutôt que d’avoir à demander.

Ainsi dans la pédagogie Steiner-Waldorf, les enfants jusqu’à sept ans ont de larges moments de jeux libres où ils auront toute latitude pour évoluer librement, créer, inventer des histoires, entrer en interaction avec les autres et cette liberté leur donne confiance en eux. Un enfant dont toutes les activités depuis son plus jeune âge sont proposées et dirigées par un tiers sera plus dépendant d’autrui et pensera que l’on doit tout décider pour lui, il n’aura donc pas cette confiance en lui indispensable lors des apprentissages.

Les temps de jeux libres sont indispensables pour prendre confiance et prendre ses propres décisions.

Apprendre à agir seul en lui donnant les moyens d’y arriver

Une phrase de Maria Montessori illustre bien toute sa pédagogie : « Aide-moi à faire tout seul. » Pour que l’enfant ait confiance en lui, il faut le laisser agir par lui-même en le laissant être le plus autonome possible : s’habiller, se servir un verre d’eau, écrire son prénom … Mais il n’aura peut-être pas encore l’entière capacité de réaliser ces tâches tout seul, ce qui peut être décourageant. Le rôle de l’adulte est alors subtil : laisser le plus possible l’enfant agir seul en lui donnant les moyens d’y arriver. Ce peut être en lui donnant des outils adaptés (une petite carafe légère pour se servir tout seul, des jeux placés sur une étagère à sa hauteur pour qu’il puisse les prendre sans aide), par du matériel qui lui permette de s’entraîner avant (un cadre d’habillement pour s’entraîner à boutonner, un plateau avec de la semoule pour s’habituer à tracer des lettres avant d’écrire sur une feuille), par des conseils ou une aide d’autrui si c’est vraiment nécessaire. Par exemple, l’enfant n’arrive peut-être pas encore à s’habiller seul mais il peut mettre lui-même son bras dans la manche, il peut aller chercher ses chaussettes … Tout ce qu’il est capable de faire seul doit être fait par lui. Ainsi il est sous le regard de l’adulte mais il réussit seul et s’il rencontre une difficulté, il pourra trouver du soutien. L’adulte favorise l’autonomie de l’enfant, lui laisse faire ses choix et encourage sa créativité. 

Noé utilise le cadre d’habillement Montessori pour apprendre à se boutonner seul.

Différents types d’intelligence à développer

Howard Gardner avait défini neuf types d’intelligence (voir encadré en bas). Il est très important si un enfant n’a pas confiance en lui et a des difficultés scolaires par exemple de valoriser les autres types d’intelligence qu’il peut avoir : tu sais très bien te repérer dans le village et dessiner des plans, ou tu sais écouter les autres et arranger les conflits. Il ne s’agit pas de l’enfermer dans un type d’intelligence, car on peut lui montrer qu’il peut développer tous les aspects de son intelligence, mais de mettre en avant ses points forts pour retrouver l’estime de soi. 

Baptiste s’est toujours intéressé au domaine artistique, notamment prendre des photos pour ensuite devenir réalisateur !

Un adulte bienveillant qui accompagne

Un adulte qui donne sa confiance à un enfant est bienveillant, il met debout, il encourage, il est positif, il fait le pari de la réussite. La dimension affective est bien sûr essentielle. Il est souriant, à l’écoute des émotions de l’enfant, mettant des mots ou aidant l’enfant à mettre des mots sur ses émotions. Un feedback positif ou négatif aura un impact direct sur l’apprentissage, émotion et raisonnement étant fortement liés. Il est important aussi d’être honnête : oui tu n’es pas encore capable de … mais on peut apprendre ou approfondir ceci ou cela … Il aide l’enfant à poser des actes en partant de ses rêves : qu’est-ce qui est possible, comment y arriver, comment se projeter … Un enfant apprend dans la confiance si son rythme est respecté, s’il sait qu’il a droit à l’erreur, s’il a envie d’apprendre et se sent autorisé et reconnu dans sa créativité, en tant qu’individu. 

Baptiste, un grand frère attentif, rassurant, présent à côté de Firmin, qui le conseille sans faire à sa place.

L’adulte doit faire preuve de lâcher prise

Pour qu’un enfant prenne confiance en lui, il faut qu’il sente qu’on lui fait confiance, et l’adulte doit donc faire preuve de « lâcher prise ». L’enfant doit pouvoir faire ses propres expériences, sans que la peur de l’adulte (peur qu’il se fasse mal, peur qu’il se salisse, peur qu’il ne casse quelque chose, peur que la maison soit en désordre …) ne l’entrave trop. L’adulte est là pour l’accompagner mais lui laisse prendre des risques (mesurés !). Pour apprendre à marcher, à faire du vélo, … il faut bien lâcher l’enfant, au sens propre ! Sans ce lâcher-prise, son bon développement est même freiné et certains réflexes archaïques bloqués. Emmi Pikler insistait d’ailleurs sur l’importance de la motricité libre : « L’enfant n’a pas besoin de l’adulte pour apprendre à se déplacer, se mettre debout, s’asseoir ou marcher, il y parvient de lui-même. » Et c’est valable pour bien des apprentissages. Lâcher prise, cela signifie aussi laisser le temps à l’enfant. S’il n’est pas prêt à être propre ou à lire, c’est peut-être simplement que ce n’est pas encore le moment, il est contre-productif de lui « mettre la pression » pour qu’il y arrive. 

La promenade Montessori : marcher librement, où on le souhaite, avec la présence rassurante de l’adulte qui veille à la sécurité.

Que faire pour donner confiance à un enfant : 

  • Attention à ne pas dire à son enfant lorsqu’il est sur le point de faire quelque chose : « Oh non, tu ne vas pas y arriver, attends, je vais le faire ! ». Le laisser agir en lui faisant confiance et en lui donnant des conseils si nécessaire et les moyens d’y arriver, comme le faisait Maria Montessori.
  • Utiliser les mots qui réconfortent, qui encouragent : « Tu vas y arriver », « j’ai confiance en toi » … 
  • Afficher dans sa chambre, dans la cuisine, dans les toilettes des petites phrases positives : tu progresses chaque jour ; Fais de ton mieux ; Pense à tout ce que tu sais faire ; Un pas après l’autre ; Je t’aime parce que tu es toi …
  • Attention à ne pas le comparer avec son frère, sa cousine : A ton âge, il savait déjà … Cela est très négatif et décourageant. Par contre on peut comparer avec ce que l’enfant faisait l’année dernière pour souligner ses progrès et insister sur les points positifs : maintenant, tu arrives à lire une phrase tout seul ! 
  • L’aider à faire la liste de tout ce qu’il sait faire, la liste se complétant au fur et à mesure : je sais m’habiller tout seul, faire du vélo avec, puis sans roulettes, faire des crêpes … 
  • On peut également lister toutes les ressources disponibles s’il a besoin d’aide : demander de l’aide à papi pour faire son fameux gâteau au chocolat, à mon grand frère pour m’expliquer les math, à tonton pour bricoler, regarder sur tel site encyclopédique pour les enfants si j’ai une question, consulter mon atlas pour chercher un pays … 
  • Ne pas avoir une exigence excessive qui met une pression sur l’enfant et ne peut que le décourager s’il n’arrive pas à atteindre l’objectif fixé par l’adulte. Lui lancer des défis à sa mesure, juste un cran au-dessus de ce qu’il arrivait à faire jusqu’à présent, pour lui permettre de progresser pas à pas, ce qui est bien plus valorisant et encourageant qu’une trop haute marche que l’on n’arrive pas à franchir. 
  • Encourager l’enfant à progresser encore dans un domaine qu’il aime et qu’il maitrise déjà bien, c’est extrêmement constructif en terme de confiance en soi. 
  • Valoriser les bonnes attitudes, les bonnes idées de l’enfant… « J’ai vu que tu avais aidé un plus petit à monter sur le toboggan, tu peux être fier de toi. », « Super, tu as pensé à mettre tes habits au sale hier soir » … On peut aussi demander des idées à son enfant : « Est-ce que tu aurais des idées de menu pour cette semaine ? » ; « C’est l’anniversaire de papi, tu as une idée de ce qui pourrait lui faire plaisir ? » 
  • Tous les soirs en famille, chacun peut dire une chose qu’il a bien réussi dans la journée et qui le rend content de lui : marquer un but, aider un copain, bien réussir un travail, faire un joli dessin … C’est d’autant plus efficace s’il entend les adultes faire le même exercice : « Je suis content de moi, j’ai bien réussi mon gâteau ». On peut aussi faire cette petite réflexion sous forme d’un journal des réussites en notant le soir deux ou trois phrases sur ce que l’on a bien réussi dans la journée. Un état d’esprit positif et confiant modifie le fonctionnement du cerveau. 
  • Suggérer à l’enfant d’utiliser la méthode Coué qui est une méthode d’autosuggestion avant une épreuve un peu difficile pour lui : « J’ai confiance en moi, je vais y arriver. ». Il est important aussi de fermer les yeux et de visualiser la scène : je suis en classe, mes camarades et la maîtresse m’écoutent, je récite ma poésie sans erreur et tout se passe bien.   
  • Toujours faire le pari que l’enfant va y arriver ! Et si vraiment il n’y arrive pas, trouver ensemble des points positifs et des pistes pour progresser, en insistant sur le fait qu’on apprend toujours de ses erreurs et que c’est le processus normal d’apprentissage. L’encourager à être positif et à se féliciter lui-même pour développer l’estime de soi !
  • Lorsque l’enfant écrit un texte libre, parler avec lui du contenu, de ce qu’il a voulu dire : « Oh j’aime beaucoup cette histoire de pirates, et ce passage était très drôle ! » C’est important de parler du fond plutôt que de la forme, et ne pas souligner par exemple toutes les erreurs d’orthographe, ce qui peut être très décourageant et lui couper l’envie d’écrire. Par la suite, on peut par contre lui proposer de lui écrire son texte proprement et sans faute à l’ordinateur pour le coller sous son texte et mettre en valeur sa production. Il pourra aussi l’illustrer et en faire un petit livre en agrafant les feuilles.
  • Pour prendre en confiance avant d’écrire un texte, de faire un dessin ou un exercice, on a parfois besoin pour se rassurer d’avoir un modèle à recopier ou pour s’en inspirer. On pourra dans un deuxième temps ou progressivement s’en détacher pour créer ou réfléchir plus librement.
  • De même, lorsque l’enfant fait une dictée, il est important de remarquer tous les mots qu’il a écrits correctement, tous les pièges qu’il a su éviter, le « s » au pluriel qui ne lui a pas échappé. Et seulement dans un deuxième temps, on peut voir ensemble les pistes d’amélioration qu’il peut y avoir : « Maintenant on va regarder ensemble les terminaisons des verbes pour essayer de trouver les bonnes. »
  • Faire une activité de type « jeu de peindre » : de nombreux pots de peinture sont à disposition de l’enfant avec gobelets d’eau et pinceaux. La consigne est simple : se laisser aller à peindre, sans réfléchir, sans plan pré-établi, sans avoir pour ambition de faire une œuvre d’art, sans jugement de quiconque. Juste jouer à peindre, laisser aller son pinceau. Les premières fois, on a tendance à dire je ne sais pas quoi faire, c’est moche … Mais après plusieurs séances, on prend confiance, on fait confiance à sa main, on s’abandonne au plaisir des couleurs et du mouvement.  
Le jeu de peindre que nous faisons régulièrement à la maison !

Les neuf types d’intelligence selon Howard Gardner

  • intelligence linguistique : lire, s’exprimer, écrire, dire ce que l’on pense, jouer avec les mots, débattre, apprendre des langues étrangères …
  • intelligence logico-mathématique : manipuler les nombres, résoudre des problèmes, calculer, mesurer, faire preuve de logique, expérimenter, jouer à des jeux de logique
  • intelligence visuo-spatiale : retrouver son chemin, se repérer dans l’espace, se représenter le monde, se créer une image mentale d’objet en 3 dimensions, réaliser une maquette ou un plan, créer des œuvres d’art, dessiner, peindre, photographier … 
  • intelligence intrapersonnelle : avoir conscience de soi, décrypter ses émotions, connaître ses besoins, ses limites et ses désirs, se comprendre, connaître sa façon de réagir, définir des objectifs personnels, faire de l’introspection
  • intelligence interpersonnelle : comprendre les autres, communiquer, anticiper et adapter son comportement à autrui, faire preuve de sensibilité et d’empathie, coopérer, aider, accepter les différences, résoudre des problèmes relationnels, aimer travailler en groupe et partager
  • intelligence corporelle-kinesthésique : contrôler ses mouvements et son corps, s’exprimer physiquement, faire du sport ou de la danse, mimer, aimer bouger, être adroit pour fabriquer un objet, apprendre par la manipulation 
  • intelligence musicale : percevoir et créer des rythmes et des mélodies : jouer d’un instrument, chanter , danser, apprécier la musique écoutée, reconnaître sons et instruments.
  • intelligence naturaliste : être sensible au vivant, comprendre notre environnement et le protéger, observer la nature, reconnaître et classer les animaux, les végétaux et les minéraux, jardiner
  • intelligence existentielle : se questionner sur le sens et l’origine des choses, se donner des règles morales 
Intelligence musicale : Noé à la clarinette

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Prendre confiance, faire ses expériences avec un adulte qui lâche un peu prise !

On apprend bien si l’on n’est pas stressé

Le stress a un effet néfaste sur l’apprentissage

Les recherches en neurosciences ont bien démontré les effets délétères du stress sur l’apprentissage. Pour bien comprendre ces mécanismes, il faut savoir qu’il est impossible de séparer les neurones qui ont une fonction cognitive de ceux ayant pour fonction d’engendrer des émotions. Apprentissage et émotions sont donc indissociablement liés. La situation d’apprentissage génère déjà en elle-même une situation de stress. En effet, comme l’a démontré le psychologue Piaget, pour apprendre quelque chose de nouveau, nous devons remettre en question nos connaissances précédentes, nous adapter, accommoder notre façon de penser ce qui entraîne une période de vulnérabilité avant que l’apprentissage ne soit stabilisé. Il est donc très important de ne pas rajouter du stress au stress. En effet, les hormones du stress envahissent notre cerveau et altèrent l’hippocampe qui est le lieu de la mémoire et des apprentissages. Le stress entraîne donc des effets néfastes sur l’attention, la concentration, et la mémorisation.

Un environnement sécurisant, valorisant

Au contraire, l’enfant (et l’adulte aussi !) a besoin pour apprendre d’être dans un environnement bienveillant et chaleureux, où l’adulte lui prodigue des marques d’attention, l’encourage, le valorise. Il doit bannir toute pression pour que l’enfant n’ait pas peur de se tromper, de rater, d’avoir une mauvaise note, de se faire gronder. On retrouve dans les pédagogies alternatives l’importance de la sécurité affective dans les apprentissages.

Privilégier l’équilibre personnel

Freinet par exemple dénonçait l’accumulation de connaissances au détriment de l’équilibre personnel et de l’harmonie sociale et insistait sur le fait que pour apprendre l’enfant devait se sentir en sécurité. Holt expliquait aussi que les conditions favorables pour apprendre était que l’enfant dispose de temps et de liberté, qu’il éprouve du plaisir et n’ait pas de pression. Il a besoin d’espace pour rêver et développer son imaginaire.

Pour se détendre et évacuer le stress

Faire un câlin à son chat pour se détendre
  • Réaliser des activités de respiration, relaxation ou méditation (voir encadrés suivants)
  • Colorier un mandala 
  • S’installer confortablement avec un bon livre
  • Prendre un bain
  • Sa faire dans sa chambre un petit coin sécurisant cocooning, une petite cabane ou tente avec des couvertures, des coussins
  • Câliner son chat, son chien, aller au contact des animaux
  • Ecouter une musique douce
  • Chanter ! Danser !
  • Rire ! Séance de grimaces, mimes, cache-cache … 
  • Aller dans la nature se promener, écouter le bruit du vent, le chant des oiseaux. Et pourquoi pas au printemps s’installer dehors pour travailler.
  • Aller faire du sport, courir, jouer dehors.
  • Faire une activité artistique, peindre en laissant aller son pinceau
  • Se faire de petits auto-massages des différentes parties du visage, du cou …
  • Le soir, dire chacun son moment préféré de la journée, ce qui nous a le plus intéressé, ce qu’on a appris de nouveau pour se focaliser sur les événements positifs.
  • Prendre un temps pour se féliciter mutuellement pour les efforts, l’entraide ou l’attitude positive de chacun à un moment ou à un autre.
  • Si l’on ressent trop de pression à cause d’un devoir à rendre, d’une surcharge de travail, d’un examen à préparer, prendre un temps pour poser à l’écrit toutes les idées  qui nous viennent en vrac, toutes les choses qui sont à faire. Le fait que ce soit écrit libère déjà un peu de pression, de surcharge cognitive. Il sera temps plus tard de revenir sur ces listes, de reformuler, réorganiser. 
Travailler dans la nature permet de se détendre

Jeux de respiration

  • Lorsque l’on est stressé ou en colère, prendre l’habitude de prendre de grandes respirations pour se calmer
  • Pour apprendre à faire entrer l’air par le nez et sortir par la bouche, faire un mime : je sens l’odeur de la fleur, je souffle sur une bougie pour l’éteindre, je sens la fleur, je souffle la bougie …
  • Pour apprendre à souffler lentement et longtemps : 
    • Souffler dans une flûte ou un siffletSouffler sur une plume pour la faire volerSouffler sur une balle de ping-pong pour la faire rouler et suivre un petit parcoursSouffler dans l’eau avec une paille pour faire des bulles
    • Fabriquer un petit moulin à vent et souffler pour le faire tourner
  • Pour prendre conscience de sa respiration : s’allonger sur le dos et poser ses mains sur son ventre, sur sa poitrine. Observer en respirant profondément sa main monter et descendre.
  • Se déplacer en fonction du rythme de sa respiration. 
  • S’imaginer être un poisson en s’allongeant sur le ventre, les bras le long du corps, jambe jointes. Lever une jambe en inspirant, la reposer en expirant. Faire la même chose avec l’autre jambe puis recommencer.
  • Dessiner en respirant profondément. Quand j’inspire, la courbe que je fais avec mon crayon monte, quand j’expire, elle redescend. On peut, comme le dessin de formes dans la pédagogie Steiner, dessiner lentement des formes comme par exemple un très grand huit allongé (symbole de l’infini) en repassant sans arrêt sur le même trait et en calquant sa respiration sur le mouvement de son bras
Repasser plusieurs fois sur une forme en alliant mouvement et respiration.

Jeux de relaxation ou méditation

  • Contracter très fort les muscles de son visage, puis relâcher, puis faire de même avec une main, une jambe, les différentes parties de son corps en relâchant à chaque fois, et enfin contracter ensemble tous les muscles qu’on peut avant de tout relâcher. On peut s’imaginer être un bonhomme de bois quand on contracte nos muscles et une poupée de chiffon quand on relâche les différentes parties du corps. 
  • S’asseoir en tailleur, les bras formant un triangle au-dessus de la tête. Fermer les yeux en imaginant, visualisant qu’on est une montagne, très solide, immobile
  • Debout, les bras en l’air, imaginer qu’on est un arbre, les pieds sont comme des racines, ancrés dans le sol et un léger vent faisant doucement bouger les bras et les mains qui sont les branches et les feuilles de l’arbre
  • S’asseoir en tailleur puis en fermant les yeux tracer avec son doigt un cercle autour de soi : imaginer une bulle qui nous enveloppe complètement, qui protège, dans laquelle on est tranquille, serein.
  • Dire à l’enfant de s’allonger et fermer les yeux et l’adulte l’aide à se détendre en écoutant une musique douce et en l’effleurant doucement avec un foulard ou en lui faisant des petites pressions sur son visage, ses bras, ses pieds … 
  • Prendre des postures yoga d’animaux comme par exemple la posture de l’abeille. Pomme d’api a fait de jolies fiches sur ce thème, en voici quelques-unes en cliquant ici
Pomme d’Api

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Etre dans la nature pour diminuer le stress

On apprend au contact de la nature

Bien dormir, s’alimenter de façon équilibrée, faire des activités physiques … Un autre aspect important pour l’équilibre est bien sûr d’être en lien avec la nature.

Vivre dans la nature, expérimenter, jouer dans la forêt, rêver, inventer des histoires avec un morceau de bois

Passer du temps dans la nature

« Votre premier devoir est de vous assurer qu’il passe le plus clair de ses six premières années dehors ! Sans aucune pression, simplement que chaque parcelle de son être s’imprègne de l’air pur et des merveilles de la nature. » Charlotte Mason

Tous les pédagogues de la pédagogie nouvelle s’accordent sur l’importance d’être au plus près de la nature qui est le lieu par excellence des apprentissages.

Marcher, faire de la randonnée, courir, sauter, grimper en pleine nature

Se dépenser dehors

Les enfants ont besoin de courir, de crier, de jouer, de se dépenser dehors, ce qui diminue le stress et leur permet d’être en bonne santé. Pour Charlotte Mason, Maria Montessori, Friedrich Froebel, Célestin Freinet et bien d’autres, il est primordial de passer plusieurs heures à jouer dehors, librement. Ella Flatau, inspirée par Froebel, avait créé des « walking kindergarten », des jardins d’enfant itinérants avec une « pédagogie du dehors » où les enfants passent la journée en forêt, dans la nature. 

Marcher dans la rivière, être proche de la nature, vivre des expériences sensorielles

Etre en phase avec la nature

Ce lien proche avec la nature leur permet d’être en phase avec elle, de ressentir la succession des saisons, de ne pas être coupé du réel, de faire toutes sortes d’expériences sensorielles, de ralentir son rythme, d’apprendre à observer, de s’émerveiller des petites choses, de mieux connaître les plantes, les animaux, les pierres … Ils apprennent ainsi de façon directe en lien avec la réalité, en expérimentant, en ayant des relations vivantes avec la terre, l’eau, le monde et non de façon artificielle lors de leçons abstraites. 

Jouer dehors, patouiller dans la terre, faire une dînette de boue, fabriquer un gâteau de terre et le décorer de brins d’herbe, de fleurs et de cailloux.

Une nature dans laquelle on vit pleinement

  • Avec une tenue adaptée et de bonnes bottes, marcher ou sauter dans les flaques ou dans la boue, se salir, dessiner dans la boue avec un bâton
  • Faire une promenade montessorienne avec son tout petit : le laisser aller librement en veillant juste à sa sécurité et en intervenant le moins possible. Le suivre à son rythme, le laisser s’arrêter pour regarder une fourmi ou ramasser un marron, écouter un chant d’oiseau, repartir puis grimper sur un petit rocher ou un morceau de bois, etc …
  • Jouer librement avec des feuilles mortes, des glands, des marrons, des branches …  Faire un tas de feuilles et sauter dedans, lancer des cailloux dans la rivière, donner des coups de pied dans les marrons, casser des bouts de bois en petits morceaux …
  • Jouer à la dînette dans le jardin avec des assiettes et ustensiles de récupération pour faire des gâteaux ou des soupes avec de la boue, des fleurs, des bâtons, des feuilles, de l’herbe, des cailloux …  
  • Découvrir la pratique amérindienne du « sit spot » : l’enfant choisit un petit coin de nature qui lui plaît et dans lequel il se sent bien : dans la forêt, le jardin ou le parc de sa ville. Puis, très régulièrement, il s’y rend seul pour s’y asseoir, tranquillement, en silence pendant une dizaine de minutes en observant ce qui l’entoure.
Faire des câlins aux arbres !

Une nature à observer

  • Prendre un panier ou un petit sac-à-dos pour mettre tous les trésors que l’on aura récoltés : une jolie pierre, un gland, une feuille de fougère, une bogue …
  • Observer dans la nature  le déroulement des saisons, les changements dans la nature puis réaliser à la maison une table des saisons en s’inspirant de la pédagogie Waldorf-Steiner : déposer sur une petite table réservée à cet effet les petits trésors de la nature que l’on a récoltés et qui diffèrent selon les saisons. On peut rajouter une photo, un dessin, une reproduction d’œuvre d’art, un objet, un livre correspondant à la saison en cours. 
  • Essayer d’être le plus silencieux possible dans la forêt en essayant de voir ou d’entendre les animaux
  • Développer ses sens : en fermant les yeux, essayer de percevoir l’odeur des fleurs, de la pluie, de la terre, des sapins, du thym … 
  • Se promener en enregistrant les bruits de la nature : le chant des oiseaux, le bruit du vent dans les feuilles ou de l’eau de la rivière, les croassements des grenouilles, le bourdonnement des abeilles … 
  • Partir en mission d’exploration avec un objectif : observer ce qui se trouve derrière cette haie ou dans la mare puis revenir vers ceux qui sont restés sur le chemin pour leur faire un rapport le plus détaillé possible sur les insectes ou les fleurs que l’on a pu observer.
  • Partir, comme Freinet, en « classe promenade » : sortir dans la nature en prenant le temps de s’arrêter et de discuter sur ce que l’on peut observer. On peut partir avec un objectif précis : observer la moisson du champ, trouver des fougères … ou au contraire se laisser guider par les découvertes et exploiter cela ensuite par des dessins, des textes, des recherches plus approfondies …
  • Partir en promenade en ayant comme objectif de photographier le plus d’espèces de fleurs différentes. On peut de même organiser une chasse photographique aux champignons, insectes, feuilles d’arbre … Ou bien partir avec un carnet et un crayon pour noter tous les insectes rencontrés. 
  • Utiliser, pendant ou après la promenade, un guide pour pouvoir identifier les différentes espèces trouvées. Il existe aussi différentes applications bien utiles, ou des groupes de passionnés sur les réseaux sociaux prêts à nous venir en aide pour identifier les fleurs, les arbres, les insectes, les traces d’animaux, les minéraux, les chants des oiseaux … 
  • Prendre quelques minutes au cours d’un après-midi de jeux libres et promenade dans la nature pour, comme le fait Charlotte Mason, faire une « leçon d’observation » : prendre le temps d’observer attentivement les détails d’un insecte ou d’une fleur, compter les pattes ou les pétales, décrire les différentes parties, apprendre de nouveaux mots de vocabulaire …
  • Avoir un carnet de croquis ou un cahier de découverte pour dessiner ou coller des photos de ce que l’on a découvert lors des promenades. On peut aussi réaliser un herbier en indiquant la date et le lieu de la découverte et comparer d’une année sur l’autre la date de la première cerise ou de l’apparition des perce-neige.
  • Choisir un arbre du parc ou du jardin et le dessiner ou le photographier à différents moments de l’année pour voir son évolution selon les saisons. 
  • Faire des cartes d’identité de différents arbres en photographiant l’allure générale, l’écorce, la feuille, la fleur et le fruit. 
  • Apprendre à se repérer dans le temps en observant le soleil, apprendre à connaitre les différents types de nuages … 
  • Cartographier une partie de l’endroit où l’on aime se promener
Observer la nature, lister touts les insectes rencontrés dans le jardin

Une nature sur laquelle on agit

  • Se promener en milieu naturel apporte plus au niveau motricité que tous les parcours que l’on peut concevoir pour l’enfant ! L’enfant a des obstacles naturels à surmonter et il va marcher sur un sol caillouteux, grimper sur un rocher, marcher en équilibre sur un tronc,  grimper aux arbres, marcher dans la rivière… Explorer, prendre des risques mesurés, se déplacer sur des supports instables, grimper, sauter, se tenir en équilibre, glisser…
  • Réaliser de petites créations en land art : faire un mandala avec des fleurs ou des feuilles, disposer des cailloux ou des bâtonnets du plus petit au plus grand, représenter un bonhomme, un arbre ou maison avec les éléments naturels autour de soi …
  • Classer dans des pots divers petits trésors de la nature ramassés en promenade (marrons, petits cailloux, glands, graines, bâtonnets, feuilles séchées …) puis les utiliser librement en les plaçant sur une feuille blanche ou de couleur en faisant de jolies compositions.
  • Jouer avec les couleurs de la nature : faire des dégradés de couleur avec des feuilles d’automne, placer sur une « roue des couleurs » des fleurs ou feuilles aux couleurs correspondantes, classer ses petits cailloux en fonction de la couleur puis les disposer en faisant des algorithmes (un noir, deux blancs, un noir, etc)
  • Fabriquer des « jouets » naturels : un petit bateau en coquille de noix, des animaux en marrons et cure-dents ou des allumettes, un arc avec une branche flexible, un bracelet ou une couronne de pâquerettes … 
  • Planter une graine, un gland par exemple, trouvé dans la nature puis observer, prendre des notes, dessiner l’évolution de la plante.
  • Faire du jardinage, comme le préconisaient les pédagogues Freinet, Froebel, Montessori.  Cela joint observation de la nature, activités physiques (creuser, bêcher, désherber, récolter…), entraide … 
  • Fabriquer une cabane permet selon Freinet de développer l’intelligence dans l’action par des pratiques concrètes. Choisir le bon endroit, mesurer, couper, attacher, trouver des solutions à ses problèmes
  • Prendre l’habitude quand on part en promenade de prendre un sac pour les déchets que l’on pourrait trouver. Une chasse aux trésors un peu particulière pour nettoyer la nature et lui rendre sa beauté !
  • Apprendre à respecter la nature : il vaut mieux photographier les fleurs plutôt que de les cueillir (à part dans son jardin si l’on veut), et c’est strictement interdit dans les parcs naturels.
Faire une promenade en aiguisant son regard sur un élément en particulier : chercher le plus de fleurs différentes possible, les photographier puis plus tard chercher leurs noms.

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Jouer ! Lancer une pierre dans une mare et observer les ronds dans l’eau, remarquer qu’il y a un double plouf !

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Faire un peu de land art dans le jardin, poser délicatement dans une flaque d’eau une feuilles, trois pâquerettes et trois pétales de coquelicot… Se dire que c’est joli !

On apprend grâce au sport

Mens sana in corpore sano !

L’hygiène de vie dont on a déjà parlé : bien dormir, bien manger peut être complétée par un élément essentiel : l’activité physique. Pour avoir un esprit disponible pour bien apprendre, nous devons aussi prendre soin de notre corps . « Mens sana in corpore sano », « un esprit sain dans un corps sain » comme nous le dit bien le proverbe latin ! Outre le fait important qu’une activité physique est bénéfique pour notre santé, elle permet également d’être détendu, moins stressé, de prendre du plaisir et d’être dynamique. Et puis c’est toujours une richesse culturelle de découvrir des sports dont certains sont très liés à un pays ou une région. 

Baptiste à l’escrime qui apprend à anticiper, être précis, rapide …

Acquérir des habitudes bénéfiques

La pédagogue anglaise Charlotte Mason explique qu’un des éléments importants pour bien apprendre est de mettre en place de bonnes habitudes pour libérer l’esprit et aider à acquérir attention, minutie, concentration … Le sport aide tout particulièrement à acquérir ces habitudes bonnes pour le développement. Ces qualités développées grâce aux activités physiques sont également un atout dans tous les apprentissages intellectuels. Elle considère que l’enfant a besoin de six semaines pour qu’une nouvelle habitude soit ancrée et fasse partie de sa personnalité.

Une routine structurante

Ces acquisitions peuvent s’enraciner par le biais de routines et de rythme régulier : « La routine est reposante, elle épargne de nombreuses prises de décision superflues et libère l’esprit pour les décisions importantes. » On peut ainsi fixer un horaire dans la journée pour avoir une pratique sportive régulière. Charlotte Mason conseillait une heure de marche quotidienne.

Alterner travail mental et activités physiques

Elle écrit aussi que le cerveau a besoin d’alterner des phases d’exercice mental avec des phases de repos ou d’activité physique. Rudolf Steiner dit que pour intégrer un nouvel apprentissage, il faut dans un premier temps l’oublier, ce qui appuie cette idée d’alternance de travail intellectuel et de repos ou de sport. 

Lison au judo qui apprend à contrôler ses gestes, à respecter son adversaire, à être concentrée pour atteindre son objectif

Qualités développées grâce au sport :

  • Maitriser son corps : faire une roulade en gymnastique, sauter par-dessus un obstacle
  • Prendre des risques mesurés : oser aller dans un milieu qui ne nous est pas familier en mettant sa tête sous l’eau à la piscine ou en glissant sur des skis ou sur une luge
  • Aiguiser sa perception : observer l’arrivée de la balle pour taper dedans avec précision avec une raquette, bien viser au tir à l’arc 
  • Etre précis : lancer une balle dans un panier ; faire une passe avec un ballon 
  • Etre endurant, persévérant : refaire encore et encore le même geste pour se perfectionner ; être capable d’être efficace et concentré tout au long d’un match 
  • Se concentrer : être attentif aux différentes actions des joueurs lors d’un sport collectif, se concentrer avant la réalisation d’un geste précis comme un saut ou un lancer. 
  • Développer sa motivation : s’entrainer pour être prêt pour un spectacle de danse ; arriver à taper dans la balle avec une raquette pour pouvoir faire un match avec papa ou maman
  • Atteindre un objectif : arriver à taper dans une balle avec une batte de base ball ; faire quatre fois le tour du jardin en courant sans marcher 
  • Développer sa volonté : mettre tout en œuvre pour gagner un match ou pour essayer de battre son propre record de vitesse lors d’une course
  • Améliorer la confiance en soi : voir qu’en s’entraînant, on peut s’améliorer, réussir une figure en gymnastique que l’on n’arrivait pas à faire jusqu’à présent, marquer un but ou faire une passe décisive dans un match
  • Respecter des règles : Admettre que dans tout sport il y a des règles précises qui rendent possible le jeu, jouer soi-même le rôle d’arbitre
  • Se contrôler : rester calme si l’on n’est pas d’accord avec une décision d’arbitre ou si l’on ne réussit pas un geste aussi bien qu’on le souhaiterait 
  • Analyser une situation et prendre des décisions rapidement : lors d’un jeu collectif décider rapidement si l’on va faire une passe ou tirer, décider à l’escrime de toucher ou d’esquiver
  • Etre créatif : Adapter sa stratégie selon l’adversaire, trouver de nouvelles solutions si celles utilisées ne fonctionnent pas dans un jeu d’opposition par exemple ; imaginer une chorégraphie en danse.
  • Faire attention à l’autre : être attentif lors d’un jeu de lutte à ne pas faire mal à son adversaire, assurer un camarade en escalade ou gymnastique
  • Coopérer pour atteindre un but : faire des passes dans un jeu collectif pour pouvoir gagner, établir ensemble des stratégies communes

Firmin en natation qui apprend à dépasser ses peurs, à coordonner ses mouvements, à être plus endurant

Quelques idées d’activités physiques ludiques

  • Le jeu de lutte « les ours » : les enfants « ours » sont dans leur caverne (délimitée par un tapis). Les enfants chasseurs doivent faire sortir les ours de leur caverne en utilisant la technique de leur choix (sans faire mal bien sûr) : pousser, tirer, soulever, faire rouler, porter … Les ours eux font tout pour rester dans leur caverne : se déplacer, se baisser, se mettre en boule, esquiver, repousser …
  • Des jeux de lancer : lancer une balle dans un seau ; lancer une balle par-dessus un obstacle ; lancer un cerceau sur une chaise ; faire tomber des quilles ou boites de conserve avec une balle ; faire rebondir une balle dans un cerceau ; s’entraîner à lancer le plus loin possible différents objets : balle, cerceau, foulard, bâton … 
  • Se déplacer comme les animaux : courir très vite comme un guépard, marcher à petits pas comme une fourmi, sauter comme une grenouille, ramper comme un serpent, faire des grands pas d’éléphants …
  • Faire un grand parcours de motricité dans le jardin ou dans la maison en utilisant les objets à disposition pour sauter par-dessus des obstacles, courir vite, marcher sur une planche étroite, passer sur ou sous des chaises ou une table, faire une roulade sur un tapis, slalomer autour d’objets, lancer une balle dans un seau, marcher sur des pavés, sauter à cloche pied ou à pieds joints dans des cerceaux …
  • Jouer à sauti-sautons : tracer sur un trottoir ou une terrasse une succession de ronds à la craie. Tracer dans ou de chaque côté de chaque cercle deux flèches qui indiqueront dans quel sens placer ses pieds puis réaliser le parcours le plus vite possible !
  • Jouer à « vider la caisse » : un enfant essaie de vider sa caisse remplie de balles (une balle à la fois) mais les autres vont les chercher pour les remettre dans la caisse. On peut minuter la partie et regarder au bout de cinq minutes s’il y a plus de balles dans la caisse ou à l’extérieur.
  • Faire un « Jacques a dit » sportif ! Jacques a dit « sautez à pieds joints », Jacques a dit « cours très vite jusqu’à l’arbre », monte sur la chaise …
  • Fabriquer ensemble un jeu de l’oie où sur chaque case il y a un geste physique à faire (saute 10 fois à cloche pied, fais 10 talons/fesses, …). On peut également sur le même principe réaliser un dé. 
  • Profiter d’une promenade pour grimper à un arbre, marche sur un tronc, lancer des galets dans la rivière
  • Apprendre à faire de la corde à sauter, à jouer à l’élastique, à faire du hula hop 
  • Jouer au jeu du cheval : un enfant est debout, un cerceau autour de la taille. C’est le cheval. Un autre est debout derrière ; tenant le cerceau. C’est le cavalier. Ils devront ensemble faire un parcours (slalom par exemple) le plus vite possible, en arrivant à coopérer et à se coordonner. Ils peuvent également faire la course avec un autre groupe de cavalier/cheval
  • Faire des activités avec un ballon de baudruche. Faire rebondir le plus de fois possible un ballon de baudruche : seul, à plusieurs, avec les mains, avec une autre partie de son corps, avec un objet tel qu’une raquette … Deux enfants peuvent tenir ensemble un grand foulard et faire rebondir dessus un ballon de baudruche : le plus haut possible, le plus de fois possible, le faire rouler sur le foulard de l’un à l’autre …
  • Jouer au jeu du garçon de café : les enfants ont un plateau (ou une assiette) avec posé dessus un gobelet en plastique (rempli d’eau ou non), une balle ou tout autre objet. Ils font la course jusqu’à un plot qu’ils contournent pour revenir au point de départ. Si les enfants sont nombreux, on peut réaliser un relais. 
  • Réaliser un petit parcours à vélo adapté au niveau de l’enfant : faire un petit slalom délimité par quelques plots, rouler dans un chemin plus ou moins étroit matérialisé par des cordes ou barres, suivre un trajet en cercle ou en 8 dessiné à la craie, monter et descendre d’une plate-forme en roulant sur des petites planches, rouler dans l’herbe, sur des graviers, sur un chemin caillouteux … 
  • Jouer à sauter : le plus loin possible, le plus haut possible, faire un parcours en sautant par-dessus des objets disposés au sol, sauter dans des cerceaux à pieds joints, à cloche-pieds, jouer à saute moutons, à la marelle, sauter d’une chaise, d’un petit mur, réaliser un petit parcours sans poser le pied par terre, simplement en sautant d’un obstacle à un autre plus ou moins espacés, sauter sur un trampoline
Firmin en vélo qui apprend à se faire confiance, à persévérer malgré les difficultés, à améliorer son équilibre.

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