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Des livres pour nos philosophes en herbe

Je vous avais parlé il y a quelques temps des ateliers philo que je faisais avec mes petits de maternelle, des moments riches d’échange qui aidaient les petits à se forger une pensée, une opinion, à écouter celle des autres, et à comprendre que parfois, il n’y a pas de réponse juste ou fausse à une question !

Le sujet est en ce moment d’actualité car sort un film intitulé « le cercle des petits philosophes » sur justement ces ateliers philo à l’école.

Je ne l’ai pas encore vu mais voici la bande annonce :

 

On en discutait donc sur les réseaux sociaux, et l’envie de faire ce genre d’atelier en famille se faisait sentir. Mais bon, avec un seul enfant, l’échange est vite limité ! Je voulais donc vous proposer des supports pour ces discussions philosophiques, des livres adaptés à différents âges.

Pour commencer, je trouve que pour les plus jeunes « les p’tits philosophes » que l’on trouve dans la revue Pomme d’Api sont parfaits !

A partir d’une question, les petits héros vont échanger, chacun ayant son opinion.

Les thèmes sont tout à fait adaptés aux petits.

Les différents personnages ont chacun leur personnalité, ce qui donne des avis variés : naïfs, plus raisonnés, tournés vers les autres ou plus égocentriques …

Ces petits dialogues sont simples, drôles et l’enfant peut s’identifier à tel ou tel personnage.

Il peut ensuite verbaliser sur pourquoi il est plus d’accord avec tel ou tel personnage, ou s’il pense autrement.

Une grande image termine souvent la petite BD pour permettre à l’enfant de s’exprimer .

Chez nous, nous n’avons que les revues mais on retrouve ces petits philosophes dans des livres regroupant leurs questionnements .

Une autre série pour les un petit peu plus grands (mais pas tant que ça ! ) chez Nathan : Philozenfants. on retrouve des thèmes très variés comme : savoir c’est quoi, le beau et l’art , la violence, le bien et le mal, la vie, moi c’est quoi, etc … Il y a aussi la même série mais pour les plus jeunes : les petits philozenfants  mais je ne les connais pas (par exemple : dis maman pourquoi j’existe).

On retrouve dans chaque livre 6 grands thèmes. Par exemple, pour savoir : comment sais-tu que l’univers existe, est-ce important de réfléchir , dois-tu tout savoir ,  à quoi sert l’imagination ?

Pour chaque question, 4 réponses possibles suivies de plusieurs oui mais, donc d’autres questions. Je trouve ça très bien, car la philo, c’est justement se poser des questions, et comprendre qu’il n’y a pas de réponses toutes faites.

Puis à la fin une petite réflexion sur la question, que l’on peut bien sûr discuter avec l’enfant, qui peut susciter d’autres questions ou désaccords ! Rien n’est figé.

Pour les sept ans et plus, des livres issus des rubriques d’Astrapi ( qui ont changé de titres parce que mes livres commencent à être anciens !) : les grandes questions philo 1 et 2

Là aussi, on part de nombreuses questions : faut-il toujours obéir ; faut-il toujours être gentil, comment savoir ce qui est vrai ou faux, est-ce que c’est grave de se tromper … etc ! Dans chaque livres, 30 questions sont abordées.

Je pense qu’avant de lire le texte, il est intéressant d’échanger avec son enfant, qu’il exprime d’abord sa pensée. Puis la double page vivante et avec une pointe d’humour va soulever d’autres aspects auxquels il n’aura pas pensé, apporter des opinions différentes … Il pourra au fur et à mesure de la lecture donner sa propre expérience (ah oui, moi aussi …) ou dire éventuellement son désaccord.

Ce qui est important, c’est de ne pas lui dire tu as raison ou tu as tort, mais de le laisser construire sa propre pensée.

Une autre série que j’aimais beaucoup mais qu’on ne trouve que d’occasion, aux éditions autrement, les petits albums de philosophie.  on retrouve comme thèmes le bonheur, la vérité, le beau, l’amour…

Dans ces livres, on suit la petite Ninon et ses questionnements au fil des pages dans sa vie quotidienne. Elle va échanger avec ses parents, ses amis, son frère, son voisin, sa maîtresse et même son chien ! Autant d’opinions qui peuvent être différentes ou se compléter.

Parfois, on lui raconte une histoire pour mieux lui faire découvrir une notion, et ici par exemple on lui explique le mythe de la caverne de Platon.

Ca se lit facilement comme une BD peut-être pour les un peu plus grands ( il est indiqué 8 ans sur le livre)

Dans une présentation un peu différente, voici le livre des grands contraires philosophiques. On trouve dans la même série :  le sens de la vie, c’est bien c’est mal, l’amour et l’amitié …

Il s’agit ici de présenter dans de grandes illustrations des oppositions philosophiques, l’image aidant à mieux comprendre cette notion et permettant d’échanger (toujours !). Ici, par exemple, sur la notion d’unité et de multiplicité (pas simple !). Une classe, c’est une unité mais composée de beaucoup d’éléments différents, les élèves ne sont pas tous identiques.

Ce qui peut aussi amener à parler de sciences !

Je trouve les images très belles et la réflexion intéressante mais souvent plus complexes que dans les autres ouvrages. Mais bien sûr, on peut discuter chacun à son niveau !

D’autres ouvrages que nous n’avons pas à la maison mais que nous avons déjà empruntés à la bibliothèque, très bien aussi.

La série « les goûters philo » de chez Milan  avec également des thèmes variés et de nombreux titres  : moi et les autres , les droits et les devoirs, la justice et l’injustice…

Et la série des petits Platons qui permettent plus d’aborder la pensée de grands philosophes célèbres : Socrate, Pascal, Kant …

Voilà, la liste n’est pas exhaustive mais elle vous donne déjà pas mal d’outils et de pistes pour philosopher avec vos enfants !

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[Edit : Voici des suggestions des lecteurs du blog  :

  • Un livre pour animer des ateliers philo avec des outils à télécharger en cliquant ici

   

Merci pour le partage ! 🙂 ]

Explorer les réglettes Cuisenaire

Je vous avais déjà parlé de ce merveilleux matériel que sont les réglettes Cuisenaire.  Elles étaient de sortie aujourd’hui ! Elles peuvent servir à faire des calculs savants pour les plus grands mais pour les plus petits, toutes sortes de manipulations et jeux sont possibles.

En farfouillant sur google, j’ai trouvé plusieurs fiches avec ces réglettes et j’ai proposé celle-ci à Firmin (si vous voulez l’imprimer, attention aux dimensions : les réglettes de la tête mesurent 2 cm).

Trouver les réglettes de la bonne longueur, pas toujours facile ! Et on en profite pour utiliser les termes « plus long », « plus court », c’est de la même longueur … Il voit en manipulant que chaque couleur correspond à une taille. « tous ceux qui sont de la même couleur ils mesurent pareil. »

Et puis tout à coup, il s’éloigne de l’objectif premier pour rentrer de lui-même dans les mathématiques ! Comme quoi, la puissance de ce matériel ! Et si je mets trois rouges à côté, c’est la même longueur que quoi ?

Il essaie plusieurs réglettes qu’il place sur les trois rouges …

Ah ben oui, trois rouges, c’est pareil que vert foncé ! Satisfaction du loulou !

Et deux rouges ? C’est pareil que la réglette rose. Il n’est pas utile pour l’instant d’associer les réglettes aux chiffres pour dire le rouge, c’est 2, le rose, c’est 4. 2+2=4 . On se contente de dire deux rouges sont égales à une réglette rose. Ce n’est qu’après beaucoup de manipulations et surtout de jeux qu’on pourra associer les couleurs et les nombres.

Mais bon, après ce problème qu’il s’est posé à lui-même et qu’il a résolu (et c’est ça, pleinement, les mathématiques ! ) , il continue ses deux bonhommes. Le grand, c’est Noé, et le petit, c’est lui, Firmin.

Puis il s’amuse à faire une pyramide en utilisant bien une réglette de chaque couleur !

Et magique … Notre pyramide se reflète dans un miroir ( ben oui, notre pyramide était au bord de l’eau !)

Alors ensuite, essayer de faire le reflet de la pyramide … D’abord en s’aidant du miroir, puis tout seul en vérifiant à la fin avec le miroir !

Une jolie petite activité sur la symétrie 😉

(Age au moment de l’activité : Firmin, 5 ans)

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Un outil pour mémoriser à long terme

Aujourd’hui, je voulais vous présenter un outil pour aider à la mémorisation à long terme. Alors oui, c’est sur écran, mais l’informatique est un outil performant et dans ce cas tout à fait approprié, je vais vous expliquer pourquoi.

Tout d’abord, je suis partie d’un constat avec Noé, et que tout le monde fait sans doute avec son enfant. Lorsqu’il a, notamment, une dizaine de mots à savoir orthographier d’une semaine sur l’autre, il ya arrive généralement bien (je vous avais expliqué il y a quelques temps notre méthode en couleurs pour y arriver !)

Mais si je lui dictais à nouveau ces mots un mois, trois mois après … il n’en restait bien souvent pas grand chose … En effet, pour mémoriser à long terme, nous avons besoin de consolider notre apprentissage pour que celui-ci s’ancre durablement par des répétitions successives, sous forme en quelque sorte de spirale : apprendre une première fois, puis revoir le lendemain, puis 4 jours après, puis disons 15 jours, etc … Notre mémoire a aussi besoin d’un feed back rapide : une réponse immédiate pour savoir si l’on a bien mémorisé.

On peut opérer de manière, disons, artisanale, ce qui fonctionne très bien : je marque une question sur un papier, la réponse de l’autre côté. Si j’ai juste , je mets les papiers d’un côté, je n’y reviendrai pas tout de suite, si j’ai faux, je fais un autre tas pour ensuite réviser.

J’ai trouvé cependant un logiciel que je trouve extrêmement bien fait pour cela, il se nomme Anki. Il est disponible en application (mais payant) pour téléphone ou sur ordi à télécharger (gratuit). J’ai pris les deux car c’est extrêmement pratique quand on a 5 minutes de réviser depuis son téléphone, mais ce n’est pas une obligation ! 

Alors, comment cela fonctionne-t-il ? Tout d’abord, bien sûr, nous l’avons utilisé pour les mots d’orthographe que Noé devait apprendre chaque semaine mais nous y avons rapidement inclus ses conjugaisons, des questions ou vocabulaire de sciences, d’Histoire, les tables de multiplication, même les notes pour le solfège. On peut réaliser des dossiers et sous dossiers, ainsi que mettre des mots clefs pour retrouver rapidement les fiches d’une leçon ( par exemple tablede5, présent …)

Puis l’on rentre ses questions et ses réponses. On peut écrire des mots, mettre des images ou enregistrer du son, ce qui est pratique notamment pour les dictées de mots !

( Sur la photo, un Noé en train de réfléchir et de se dire : mais si, je le sais, je le sais !!!)

Puis l’enfant peut choisir d’être interrogé sur un domaine particulier ou bien sur toutes ses fiches au hasard.

Il lit (ou écoute) sa question, répond à haute voix ou dans sa tête puis clique pour obtenir la réponse.

C’est alors à lui de s’auto évaluer : s’il ne savait pas du tout ou a donné une réponse fausse, il clique sur le bouton rouge à droite. si c’était ultra facile et évident, il clique tout à droite. S’il a su mais qu’il a du réfléchir un peu, sur le bouton vert, etc…

Et, c’est là où le logiciel est particulièrement intéressant. S’il a eu faux, la question lui sera reposée dans quelques minutes. Dans les autres cas, plus cela a été facile, plus cela lui sera proposé dans longtemps. En effet, si la question lui est reposée trop vite, il ne fera pas marcher sa mémoire à long terme. La première fois, la question lui sera proposée dans 4 jours. Si cette fois-ci il a faux, il recommence à zéro. Sinon, elle lui sera proposée dans plus longtemps ; si c’est toujours juste, dans encore plus longtemps. Et si c’est toujours évident pour lui 3 mois après, elle pourra lui être posée dans 1 an par exemple (je ne sais pas exactement !). Mais s’il a oublié, ce n’est pas grave, un autre cycle de révision recommencera.

Je trouve ça vraiment super efficace pour réviser mots, vocabulaire, tables de multiplication et toute notion à retenir. Noé a bien compris que s’il se trompait, ce n’était pas grave, il avait la possibilité de revoir la notion oubliée. Mais par contre, quelle satisfaction quand il voit qu’une fiche lui sera proposée dans plusieurs mois ou 1 an ! Cela veut dire que c’est bien acquis !

Le seul soucis je trouve, c’est que s’il ne fait pas sa petite révision régulièrement, les fiches s’accumulent et cela peut être décourageant. C’était un peu le cas pour Noé au début, mais maintenant c’est lui qui veut faire toutes ses révisions pour mettre le compteur à zéro ! Donc à faire régulièrement, mais plutôt des petites sessions très courtes, quelques minutes par jour par exemple. Il faut présenter ça comme un jeu, un challenge contre soi même, ce qui peut être très motivant ! Mais s’il n’accroche pas, tant pis ! Le but n’est pas de le dégouter ! Ça doit rester un jeu.

Ce logiciel peut fonctionner pour le primaire, mais bien sûr aussi pour des plus grands et même les adultes (je l’utilise pour moi même avec des questions par exemple sur les réalisateurs dont je ne me souviens jamais !!! Je progresse, je progresse !).

Concrètement, comment démarrer avec Anki.

Quand vous cliquez sur le logiciel, vous tombez sur cette page. Cliquez sur ajouter pour vous faire un compte.

Puis cliquez en bas sur créer un paquet. Vous le nommez selon un domain que vous souhaitez étudier. Ici, je l’ai nommé orthographe.

Cliquez ensuite sur le paquet qui vous intéresse (orthographe donc) et cliquez sur ajouter pour y entrer des fiches (donc des questions). Vous tombez sur une fiche comme celle-ci. Dans le cadre recto, vous entrez votre question.

Si vous voulez entrer du son (pour par exemple dicter un mot à orthographier), cliquez sur le petit micro.

Vous obtenez ceci. au recto, un son enregistré. au verso, la réponse à la question (le mot à bien orthographier était ici exemple). Vous pouvez ensuite ajouter autant de cartes que vous voulez en cliquant sur ajouter. Quand vous avez terminé, cliquez sur fermer.

Vous avez ensuite un écran vous indiquant le nombre de fiches présentes dans votre paquet orthographe (ici, une seule ^^). les inédites sont les nouvelles cartes que vous venez d’entrer, les repasser celles auxquelles vous avez répondu une réponse erronée, les à réviser celles sur lesquelles Anki ne vous a pas interrogé depuis un moment. Cliquez sur « étudier maintenant » pour que Anki vous pose les différentes questions !

Voilà le fonctionnement de base qui vous permettra de vous faire vos petites fiches !

Age au moment de l’activité : Noé, 8 ans

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Les cubes Montessori du trinôme et du binôme

J’avais publié cette photo de Noé jouant avec le cube Monttessoi sur mon instagram mais sans donner plus d’explications ! Comme on m’en demande, je vous présente plus en détail ce matériel.

Il y a deux cubes différents : un plus petit, appelé le cube du binôme (avec lequel joue Firmin sur la photo) , et un plus gros appelé le cube du trinôme ( utilisé par Noé). J’ai acheté les miens d’occasion ce qui explique qu’ils soient un peu abîmés…

Il s’agit d’une espèce de puzzle en 3D où il faut replacer les cubes correctement. On doit retrouver la figure qui est sur le couvercle sur le haut du cube mais aussi sur les côtés.

La « règle du jeu » pour ces cubes : chaque face ne doit toucher une autre face que si elles sont de la même couleur. Ici, je peux placer le pavé à côté du cube car les deux faces sont rouges.

On voit qu’ici il va falloir placer un pavé aux faces noires en haut à droite.

Et pour compléter le cube, on placera le petit cube bleu dont toutes les faces sont bleues.

L’enfant s’amusera ainsi à reconstituer les cubes. Mais cette activité de manipulation est en fait une représentation concrète d’une notion abstraite (comme souvent chez Montessori).  Il s’agit ici d’une représentation de différentes identités remarquables. Mais si, souvenez-vous, (a + b)² = a² + 2ab + b² … Allez, on révise !

Mais comment ces cubes représentent-ils ces équations ? On va commencer par la première identité dont je vous ai parlé plus haut :

(a + b)² = a² + 2ab + b²

On va être ici dans une géométrie en deux dimensions, donc pour le moment on ne regarde que le dessin du couvercle.  a, c’est la mesure du côté du carré rouge. b c’est la mesure du côté du carré bleu.

J’ai trouvé sur le site amour d’enfants et ief  ce schéma très clair je trouve. Calculer (a + b)², c’est calculer l’aire du carré qui a a+b comme mesure de côté. On voit bien avec les formes rouges, bleues et noires qu’il y a un carré rouge (qui a donc une aire de axa, donc a²), un carré bleu (b²) et deux rectangles noirs qui ont un côté comme celui du carré rouge ( a)  et l’autre comme celui du carré bleu (b). L’aire du rectangle noir est donc de axb ( ab) et comme il y a deux rectangles, cela fait bien 2ab. Le résultat pour l’aire totale de ce grand carré est donc bien de a² + 2ab + b².


Vous m’avez suivie ?

On peut maintenant partir sur la 3D, donc sur le cube à proprement parlé ? C’est parti !

Ici, il ne s’agira plus de carré mais de cube. Donc fatalement, ce ne sera plus le calcul de (a+b)² mais (a+b)3

Dans notre boîte, qu’avons nous ?

Tout d’abord un cube rouge, de a de côté.

On calcule le volume d’un solide en faisant

longueur x largeur x hauteur ( pour rappel !) . Donc notre cube de a de côté aura un volume de axaxa donc a3. 

Notre cube bleu, lui, représente b3.

Cette figure a une longueur mesurant a, une hauteur mesurant a aussi mais sa largeur est identique à la longueur du cube bleu, donc b. Son volume est donc axaxb ce qui est égal à  a²b.

De même, ce pavé bleu a une longueur et une hauteur « bleues » et une largeur identique au rouge : ab²

Dans notre cube du trinôme, nous avons donc 1 cube rouge, 1 cube bleu, 3 pavé noirs et rouges et 3 pavés noirs et bleus. Le résultat est donc bien :

(a+b) 3 = a 3 + 3a²b + 3ab² + b3

Exactement de la même façon, on peut utiliser le cube du trinôme mais qui est plus complexe car en plus du cube rouge et du cube bleu, nous avons un petit cube jaune (c3).

On peut dans un premier temps, comme dans le cube du binôme, calculer simplement la surface d’une face et faire donc (a + b + c)². On trouve si on décompose de la même façon a² + b² + c² + 2ab + 2bc + 2ca

Et si on décortique le cube en entier, on obtiendra un cube rouge a3 , un cube bleu b3,  un cube jaune c3 ,3 pavés avec 2 côtés a et un côté b,  3 pavés avec 2 côtés a et un côté c, 3 pavés avec 2 côtés b et un côté a, 3 pavés avec 2 côtés b et un côté c, 3 pavés avec 2 côtés c et un côté a, 3 pavés avec 2 côtés c et un côté b et enfin 6 pavés tout noirs avec un côté a, un côté b et un côté c. Si on additionne tout ça, on obtient bien : 

a3 + b3 +c3+ 3 a²b + 3a²c + 3b²c + 3ab² + 3ac² + 3bc² + 6 abc … Ouf ! 

Mais bien sûr, on ne va pas expliquer tout cela à nos petits loulous qui s’amusent avec les cubes ! on les laisse observer, tâtonner, vérifier s’ils se sont trompés en regardant sur le dessus et les côtés de leur cube, voir s’ils retrouvent bien le dessin du couvercle ! Et oui, le fameux matériel autocorrectif Montessori !

Il est conseillé de montrer à l’enfant comment trier les différents solides avant de reconstruire le cube, afin qu’il s’imprègne de ces régularités et de la logique interne de ce cube !

Et quand ils sont plus grands et qu’ils étudient ces fameuses identités remarquables, on peut ressortir nos fameux cubes qui leur seront familiers et la formule abstraite deviendra beaucoup plus concrète !

Bon ben je vous avais promis la dernière fois un article moins technique , c’est raté ! Après la linguistique, les math !!!

(Ages au moment de l’activité : Firmin, 4 ans et demi ; Noé, 7 ans et demi)

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Phonèmes, lettres et pourcentages

Je vous propose un article un peu technique aujourd’hui mais qui répond à une question que je me posais ! Oui … Je fonctionne souvent comme ça … Quand je cherche désespérément un truc qui me turlupine et que je ne trouve pas … ben je finis par le faire moi-même !

Bref, lors d’une discussion sur les lettres rugueuses Montessori, quelqu’un se demandait pourquoi pour la lettre c par exemple, on leur enseignant simplement qu’elle fait le son [k] alors qu’elle pouvait se prononcer aussi [s]. Nous lui avons répondu que c’était parce que la prononciation [k] était plus fréquente et que c’était plus simple pour l’enfant de commencer avec le son le plus fréquent. J’ai cherché des statistiques montrant les pourcentages des différentes utilisations de la lettre c pour pouvoir être plus précise mais impossible de trouver… Je me suis dis que c’était pourtant intéressant et que j’aimerais avoir un tableau récapitulatif pour chaque lettre ! Et bien impossible de trouver…

J’ai trouvé par contre une étude sur l’orthographe française réalisée par une chercheuse qui m’a donné des renseignements utiles ! Cette étude a été réalisée à partir des mots d’une cinquantaine de manuels pour des enfants du CP jusqu’au CM2 ( donc pas de termes trop techniques ou très rares). Pour lire cette étude, cliquez là.

J’ai donc fait mes comptes, réalisé mes pourcentages et j’ai obtenu ce tableau :

 

J’espère ne pas avoir fait d’erreur ! Il me manquait quelques données pour certains pourcentages mais bon, c’est déjà intéressant je trouve !

Ainsi pour la lettre C, elle se prononce près d’une fois sur deux [k], Près de 30% [s], et est utilisé une fois sur quatre dans le « ch »

Mais je me suis aussi dit que j’aimerais avoir le tableau inverse, à savoir : si je veux écrire dans un mot le son [s] par exemple, quel est le pourcentage de chances pour qu’il s’écrive s? c ? ss? ç? ou autrement ? (et oui, t, comme dans « nation »)

Alors je me suis remise à mes calculs :

Et donc, pour en revenir à notre question de tout à l’heure, le son [s] s’écrit près d’une fois sur deux s, près d’une fois sur 4 ss, 16% seulement pour le c, 7% pour le t, 3% avec sc et seulement 2 fois sur 100 ç.

Certains résultats m’ont surprise, comme la fréquence du « er » ou « ez » pour le son « é », beaucoup plus que le é accent aigu mais c’est dû à la fréquence des verbes à l’infinitif en er ou conjugués avec le vous.

Voilà, si ça vous intéresse, je vous invite à vous plonger dans les lettres et les phonèmes de la langue française !

Et promis pour les prochains articles, on retourne aux activités plus concrètes !!!

 

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Et si vous voulez des activités de lecture et écriture inspirées par les pédagogies alternatives, vous avez le livre « Lire et écrire, apprendre avec les pédagogies alternatives » !!!

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Attention, concentrez-vous !

Aujourd’hui, je vous propose un petit jeu-test un peu difficile!!!

Regardez très attentivement cette video pour essayer de compter le nombre de passes qu’arrivent à se faire les joueurs habillés en blanc …

Prêt ? C’est parti !

 

Alors ? Vous avez trouvé ???

Combien de passes ?

Oui ! Bravo, vous êtes champion ! 15 passes !

Mais … avez-vous vu le gorille ? Si si, je vous assure, le gorille ! Regardez donc à nouveau la video …

Notre cerveau a des capacités absolument remarquables. Pour pouvoir analyser une situation, nous avons besoin être attentif, utilisant ce qu’on appelle une attention sélective. Pour le petit test précédent, notre cerveau savait que l’élément pertinent était la couleur blanche. Il fallait suivre le ballon entre le joueurs en blanc sans tenir compte des joueurs en noir. Il a donc inhibé la couleur noir pour se focaliser sur le blanc… Notre gorille, qui était de couleur noire, a donc été totalement « oublié » par notre cerveau puisqu’il n’était pas une information pertinente ! Et pour apprendre, nous avons besoin d’inhiber toutes sortes d’éléments distracteurs, comme par exemple le bruit, le bavardage d’autres personnes, une mouche qui vole, une notification d’un portable, une information autre que celle dont nous avons besoin …

Si vous avez vu le gorille, sans doute n’étiez-vous pas assez attentif ! Ou alors vous connaissiez le test et forcément, votre attention sélective s’était focalisée sur l’intrus ! Car une fois qu’on l’a vu, on se demande bien comment on fait pour ne pas le voir la première fois tellement il est au premier plan !!!