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Carl et Elsa s’échappent

L’autre jour, dans ma petite librairie préférée, j’ai eu un véritable coup de coeur pour ce livre : Carl et Elsa s’échappent de Jenny Westin Verona et Jesus Verona aux éditions Cambourakis.

C’est l’histoire de deux petits amis qui s’ennuient un peu avant de décider de « s’échapper » dans le jardin.

C’est la grande aventure pour eux ! Le jardin prend la dimension de leur imagination et ils s’inventent de multiples histoires !

Le jardin devient pour eux une véritable jungle où Carl, angoissé, part à la recherche d’Elsa .

Mais il la retrouve vite et ils savourent tous les deux le plaisir d’être dans leur cabane !

Quand maman vient les chercher, ils rentrent tout sales mais tellement heureux d’avoir vécu de belles aventures, ressenti toutes sortes d’émotions et exploré leurs rêves dans la liberté du jeu avec la richesse de la nature.

Ce livre m’a énormément plu ! J’ai déjà beaucoup apprécié les magnifiques illustrations qui nous emmènent nous aussi à l’aventure et dans l’imagination des enfants ! J’ai aimé voir le jardin évoluer au fil des histoires qu’ils se racontent. J’ai aimé cette ode au jeu libre tellement riche ! J’ai aimé ces deux enfants qu’on laisse libres de jouer vraiment, quitte à se salir, et qui ne sont pas mis sous cloche. Et j’ai aimé que ce petit garçon et cette petite fille soient tout simplement des enfants, sans comportement stéréotypé lié au fait qu’ils soient fille ou garçon ! Pas une petite fille coquette qui a peur de se salir et un garçon casse cou ! Non, juste des enfants qui jouent.

Noé et Firmin ont aussi beaucoup aimé cette histoire qui leur a beaucoup parlé, eux qui adorent les cabanes !

(Ages au moment de la lecture : Firmin, 4 ans et demi ; Noé, 7 ans et demi)

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Gianni Rodari, créativité et cahier d’imagination !

Je voulais aujourd’hui vous parler un peu de Gianni Rodari, grand ami de Loris Malaguzzi (mais si, vous savez, la pédagogie Reggio !). Gianni Rodari est un auteur italien de littérature jeunesse ( ça date un peu, il est décédé en 1980) qui a écrit notamment des romans délirants comme la tarte volante, Histoires à la courte paille, Jip dans le téléviseur … Mais il a été aussi un collaborateur de Malaguzzi dans cette fabuleuse aventure Reggio et il est intervenu dans les écoles pour apporter ce qui lui tenait à coeur, le lien entre raison et imagination.

Rodari a une idée qui me séduit beaucoup, c’est que la liberté créative est le pilier, le pivot de l’éducation.

La créativité n’est pas une faculté à part, particulière, mais elle est une caractéristique de notre façon de penser, de connaître et de faire des choix. C’est un outil pour chercher, ordonner et même transgresser ! Nous découvrons le monde et apprenons en créant, en agissant pas en étant passif . En étant libre de transgresser des modèles conventionnels et de sortir des sentiers battus, en allant s’aventurer au-delà du connu dans des expériences multiples, l’enfant crée son savoir de façon profonde avec une pensée qui lui est propre et qui génère des solutions inattendues.

C’est pour cela qu’il faut aider l’enfant à cultiver sa créativité dans toutes les directions, dans tous les domaines (peinture, histoire, théâtre, danse, musique, poésie … ), à travers notamment ces fameux 100 langages de l’enfant de Malaguzzi afin d’être un « homme complet ».  Rodari propose d’enrichir le milieu de l’enfant par des expériences stimulantes,  et de proposer quotidiennement à l’enfant des petits jeux de création, d’imagination !

Dans cet article, je vous parlerai plus particulièrement de la créativité dans le domaine « d’inventer des histoires » puisque c’était le domaine de prédilection de Rodari. Pour cela, je vous présente l’excellent livre de Gianni Rodari, la « grammaire de l’imagination » !

Oui, je suis d’accord avec vous, ces deux mots paraissent s’opposer et Rodari s’en amuse !!! Il veut surtout fournir de la matière à l’imagination à travers toutes sortes de petits jeux pour aider l’enfant à se lancer dans des histoires plus ou moins folles (en général, plutôt plus que moins ! )

Voici quelques unes de ses propositions :

  • le binôme imaginatif : en se cachant, deux personnes écrivent chacune un mot puis on invente une histoire avec ces deux mots. On peut s’amuser à les relier par des prépositions, ce qui entraînera des histoires bien différentes. Par exemple : crocodile / fusée : le crocodile dans la fusée (ou la fusée dans le crocodile) , la fusée du crocodile, le crocodile sans fusée …)
  • qu’arriverait-il si … : l’un choisit un sujet (une petite forêt ) l’autre un prédicat (s’envole sur la planète Mars). On peut également choisir un héros au hasard pour notre histoire (Spiderman, une petite souris, l’enfant lui même …) et c’est parti pour une nouvelle aventure !
  • le préfixe : rajouter un préfixe (dé, bis, tri, anti, sous, semi, super, mini, maxi …) et le coller à un mot : puis essayer d’imaginer ce que peut être par exemple un anticrayon (un crayon contrariant qui refuse d’écrire ce que l’on souhaite) et inventer une histoire autour de cet objet
  • Découper des titres de journaux pour créer une histoire ou un poème
  • jouer avec les contes de fée : écrire un conte à l’envers (Blanche Neige et les 7 géants), rajouter un mot incongru dans un conte (le petit chaperon rouge + hélicoptère), faire une salade de contes (quand Peter Pan rencontre le Petit Prince) …, transposer un conte dans un lieu ou une époque incongrus (Hansel et Gretel à New York) …

Et plein d’autres propositions !

Et puis on peut aussi piocher dans les jeux des surréalistes (l’Oulipo) , ou dans des jeux de société dont je vous ai déjà parlé.

Et je me suis dit que ça serait sympa de regrouper ces histoires inventées. Noé avait déjà commencé un cahier de lecture où selon la méthode Decroly on mettait les petites phrases écrites par Noé (que je tapais ensuite à l’ordi en version « correcte »). On a fait migrer ce cahier en cahier d’imagination ! On y mettra toujours les petits textes qu’il écrits mais aussi les histoires qu’il a pu inventer lors de tel ou tel jeu et que je pourrai retranscrire moi même, et qu’il illustre !

Par exemple, c’est avec les  story cubes qu’il a inventé cette petite histoire : j’écrivais ce qu’il racontait puis à côté il a dessiné l’histoire, plutôt sous forme plus ou moins de BD puisqu’il a représenté successivement les différents épisodes de l’histoire. Mais parfois, c’est un dessin unique pour son histoire !

Voilà ! Alors imaginons, créons, rêvons, délirons, rions et que la créativité soit le moteur de nos vies !

Age au moment de l’activité : Noé, 6 ans et 4 mois.

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Connaissez-vous le koah ???

 

Il y a quelques temps, Noé m’a dit que les monstres méchants, ça n’existait pas dans les maisons mais qu’il y avait des monstres gentils chez nous ! Puis Baptiste s’est mis à discuter avec Noé, lui demandant comment il s’appelait, comment il était … et il l’a dessiné en suivant la description de Noé. Alors voilà en exclusivité … : le koah !DSC00120Puis j’ai demandé quelques détails à Noé sur ce monstre gentil (bien qu’effrayant !) et voilà ce qu’il m’a dit :

« Le koah, c’est un monstre gentil qui nous console quand on nous gronde. Il nous fait des câlins.

Il a trois bras, pour mieux faire des câlins, 6 doigts à chaque main et à chaque pied, 11 jambes, 4 yeux, un petit nez pointu, une longue barbe rose jusqu’aux jambes, de longs cheveux bleus jusqu’aux jambes, la peau noire, une queue noire avec de longs poils bleu foncé au bout et 40 000 dents en diamant dans tout le corps même les mains. Ses habits sont en pierre et il a une ceinture en bois. Il mange de la pierre et il boit de la lave.Il est plus grand que tout le monde.

Les garçons, ce sont des koahs et les filles des koaks. Les mamans koaks ont de plus petites barbes, un petit nez crochu et de longs cheveux jusqu’au sol.

Ils habitent ici, dans les murs des maisons, dans les couloirs, les chambres et les escaliers. Chez nous, il y a une famille koah : Nini le papa, Kattie la maman, Palais l’enfant et Double le bébé fille.

Ils écrivent et dessinent sur les feuilles vertes des arbres.

Ils aiment bien jouer au jeu du koah.

Règle du jeu du koah : Un koah est assis et protège un trait dessiné sur le mur en essayant de faire tomber son adversaire. L’autre koah essaie de toucher le trait sans tomber. Si en tombant il touche le trait, il y a égalité, ils ont gagné tous les deux.

Mais il y a aussi des méchants koahs qui habitent au pays des dragons. »

Bon, vous êtes prévenus, si vous rencontrez un Koah, pas d’inquiétude : il n’est pas très beau mais il est gentil !!!

(Age au moment de l’activité : Noé, 4 ans et 4 mois et Baptiste, 12 ans et 10 mois)

Activités à la maison