Archives pour la catégorie Reggio

On invente des histoires !

Tout à l’heure, pendant le cours de clarinette de Noé, nous nous sommes promenés avec Firmin, admirant les coquelicots, jouant avec un bout de bois …

Et puis on a eu envie, Firmin et moi ( je ne saurais pas dire lequel en premier !) de s’inventer des histoires ! J’ai pensé à Gianni Rodari, auteur jeunesse italien mais aussi grand ami et collaborateur de Loris Malaguzzi dans les écoles Reggio et à sa grammaire de l’imagination dont je vous ai déjà parlé. J’ai donc choisi Firmin comme principal protagoniste de nos histoires pour lui faire vivre de folles aventures ! Et puis nous avons inventé ces histoires à deux … Je racontai un peu … Je l’interrogeai régulièrement : et là soudain … qu’est-ce qui se passe à ton avis ? Et là qu’est ce qu’il fait ? 

Notre histoire de Firmin dans l’espace avançait … Quand les idées se tarissaient je rajoutais un événement imprévu qui le faisait sourire, une rencontre … Ces histoires à deux nous ont beaucoup amusés ! Après un voyage en fusée, Firmin commença un voyage autour du monde : il voulait faire un tour en dromadaire mais l’avion les a conduits au pôle Nord … Après un peu de patin à glace, ils sont repartis, ont visité les pyramides d’Egypte, ont traversé le désert en dormant dans des tentes berbères et en faisant des parties de cache cache dans les dunes … puis sont partis en Inde voir les éléphants et la fête des couleurs et puis … ben c’était l’heure de récupérer Noé !

Mais, ce que j’ai trouvé super, c’est que Firmin s’est mis à raconter nos histoires à son frère Noé!  Et puis il faisait quelques variantes : « non mais ça c’est moi qui l’ai rajouté !  » Partage, réinvestissement, mémorisation, imagination, vocabulaire, structure d’un récit, lien avec des connaissances et expériences passées…  il était riche notre petit jeu d’invention improvisé !

Et  Noé s’est mis lui aussi à inventer sa propre histoire ! Le trajet en voiture a été animé !

Ages au moment de l’activité : Firmin, 5 ans ; Noé, 8 ans

Pour découvrir d’autres jeux d’imagination autour des histoires, cliquez ici

 

 

L’art contemporain, ça donne plein d’idées !

Pendant ces vacances, nous avons passé quelques jours à Bordeaux et nous avons notamment visité le CAPC qui est le musée d’art contemporain de la ville. C’est un ancien entrepôt réaménagé ce qui lui fournit un espace superbe !

Nous avons commencé par l’expo Takako Saito et nous sommes tombés sous le charme ! Tout d’abord, nous avons découvert qu’elle proposait un art participatif et que nous pouvions manipuler un certain nombre de ses oeuvres, ce qui est quand même royal et encore plus quand on a des enfants ! Nous pouvions donc jouer avec ses sculptures en introduisant des petites billes et en regardant pour où elles sortaient !

Des oeuvres/jouets, quel plaisir ! on a bien aimé ses petites échelles tordues que l’on voit sur le mur derrière, et que l’on peut s’amuser à essayer de construire avec les enfants en prenant des bâtons aux différentes formes.

Et puis on est rentré dans cette salle ! « Oh des loose parts ! » nous sommes-nous tous exclamés ! En pleine pédagogie Reggio ! Nous n’avons pas eu la chance d’être là au moment de la présence de l’artiste pour pouvoir faire ses ateliers mais on était heureux de voir tout ça !

Apparemment, elle propose de faire sa petite installation en disposant ou piquant des éléments sur une barquette ou  comme on veut !

Allez, je vous liste ce que je peux y voir et qui peut nous donner des idées pour étoffer nos loose parts : pommes de pin, cailloux, galets avec des lettres, feuilles mortes, pelures d’oignons ou d’ail, végétaux séchés en tous genres, noyaux de cerises, pêche, abricot, dattes … , cylindres de carton coupés en deux, cures dents, piques, coquillages, dés, petits bouts de bois, graines, peaux d’avocats, de kiwis ou d’oranges séchées coupées en deux (ce qui fait de petites coupelles), filtres à café, peaux de litchis, coquilles de pistaches, gousses de cacahuètes, fleurs séchées, graines de pissenlit, morceaux de verre poli, bouts de carton ondulé, écorces, plumes, épines de sapin … La liste est bien sûr infinie ! Mais j’y ai trouvé de nouvelles idées auxquelles je n’avais pas pensé !

Et puis dans la salle suivante, nous voyons des oeuvres avec à côté une main dessinée … Mais oui ! Là encore c’est à nous de jouer ! 

Il s’agit d’un grand panneau rectangle aimanté auquel on peut rajouter d’autres longues formes allongées noires pour déstructurer le tableau (ou non !) et toutes sortes d’éléments métalliques !

Les enfants s’en sont donnés à coeur joie ! Bon, le tableau était un peu haut alors Noé a joué le rôle de chef de chantier : il donnait les ordres et Baptiste exécutait ! Mets les chaînes bien droites ! Et celle-là, enroule-la comme un escargot, ici,  etc …

Et ma foi, j’ai beaucoup aimé leur composition !

Tadam !

La même chose, objets aimantés mais sur des tableaux d’autres formes.

Je pense que ça aussi c’est faisable, ne serait-ce que sur le frigo … des idées d’objets métalliques : des chaînes de différentes longueurs, couleurs, formes de maillons, plus ou moins fines ; des couvercles de boîtes de conserve, des petites boîtes de conserve, des moules métalliques, des fils électriques ou fils de fer, des je sais pas comment ça s’appelle pour fermer des sachets, des éponges/boules à récurer, des morceaux de grillage, des morceaux de tôles, des rails, des petites râpes, des charnières, ressorts, petites pièces de monnaie, trombones, vis … là encore la liste peut être longue ! Et puis n’importe quel petit objet auquel on colle des aimants bien sûr.

Les enfants, se sont aussi beaucoup amusés avec ces cubes ( ou autres solides moins réguliers)  jaunes et noirs où ,là encore, tout était aimanté.

Ils pouvaient les disposer comme ils voulaient et y ont passé un long moment !

Là, il s’agit de l’installation de l’artiste elle-même .

Et puis on a pu observer toutes sortes d’oeuvres qui là aussi donnent des idées ! Des suspensions d’assemblages papiers/perles…

De petites boîtes accrochées au mur pour se « raconter des histoires » avec de vieilles photos, des lettres, des éléments naturels, des jouets …

Et,  de même, de petites boîtes en bois dans lesquelles on peut coller ou installer des objets. Les boîtes ,avec les enfants, cela peut toujours faire des activités très riches ! Ils peuvent y coller par exemple des objets pour symboliser des choses importantes pour eux (représentant des personnes, des activités qu’ils aiment faire, des endroits où ils aiment aller, des choses qu’ils trouvent belles …). Cela peut être aussi des boîtes à trésors …

On a trouvé aussi dans le musée ( mais pas dans l’expo Saito cette fois) cette video inspirante je trouve ! Un enfant dessine dans le dos de sa mère qui elle-même essaie de reproduire le dessin de son fils d’après ce qu’elle ressent ! Bon, on peut le faire habillés et avec un stylo bouché dans le dos si l’on préfère 😉

Quelques autres oeuvres que nous avons trouvées délicates, belles, drôles ou intrigantes !

Ce musée était décidément très riche puisqu’il y avait aussi une partie architecture, qui a notamment beaucoup plu à Noé toujours fan de cartes et de plans !

 

Nous aimons beaucoup visiter les musées d’art contemporain ! On est surpris, choqué, amusé, touché, ou pas du tout … En tout cas, cela ne laisse pas indifférent et permet à chacun d’exprimer son ressenti en essayant d’argumenter et d’aller un peu plus loin que : « c’est nul…  » ou « c’est trop beau ! ». Et cet art, beaucoup plus que la peinture plus classique, donne envie de faire ! Ah oui, moi aussi je pourrais … assembler, installer, coller, accumuler … Presque chaque oeuvre peut inspirer ou donner une idée, en recopiant, adaptant ou comme point de départ à quelque chose de plus personnel !

Ages au moment des activités : Firmin, 5 ans ; Noé, 8 ans ; Lison, 14 ans ; Baptiste, 16 ans !

Pour découvrir d’autres articles sur la découverte de l’art, cliquez ici

Pour découvrir d’autres idées et techniques artistiques, cliquez là.

Faire un plan pour se souvenir …

C’est quoi ce bazar dans le salon ? Mais non, vous n’y connaissez rien, ce n’est pas du bazar … c’est une cabane construite avec soin et passion par Firmin ! Et oui, les projets cabanes reviennent régulièrement à la maison !

Avec des coins pour manger !

Chaises, tables, tabourets, couvertures, tapis, cartons, coussins et autres tissus … Tout y passe ! Et c’est très structuré dans la tête de Firmin ! « J’ai mis une grande couverture, comme ça ça fera un mur. Aussi, j’ai mis un rideau, c’est pour le rideau du spectacle. On passe sous la chaise blanche et c’est l’entrée. On rentre dans la cabane et on passe sous la grande table qui est sous la couverture.  » Bref, il était très fier de ses cabanes !

Mais, car il y a toujours des mais … Voilà que j’ai la mauvaise idée de lui demander de temps en temps de ranger ses cabanes … Drame ! Mais tu la referas une autre fois ! « Mais je m’en souviendrai paaaaas !  » Je lui ai alors proposé de dessiner sa cabane pour s’en souvenir …

Et voici donc le premier plan de Firmin ! Alors vous et moi on a du mal à s’y retrouver … Mais c’était très clair pour Firmin ! « Là c’est le grenier avec la table, là c’est les toilettes avec l’autre table et le bol …  » etc ! C’est très important d’apprendre à représenter du 3D en 2D, mais ce n’est pas facile ! Mais ici, ce n’est pas un simple exercice mais une nécessité profonde avec beaucoup d’affectif ! Et qui a une utilité :  le plan comme mémoire de ce qui a été fait.

Dans une école Reggio, il y avait eu à peu près le même processus. Quelques enfants avaient construit une tour dont ils étaient très fiers. Puis ils en avaient fait le plan, non pas ici pour s’en souvenir, mais pour que d’autres puissent faire la même tour qu’eux ! Il y a ici une idée de transmission par l’écrit, par le plan.

Je vous avais déjà parlé de l’amour de Noé pour les plans ! Des plans qu’il suit lors des sorties, des plans sortis de son imagination , des plans pour représenter des villes faites avec des jeux de construction, des plans qui au contraire servent à préparer une construction

Dessiner une tour que l’on a faite ou simplement des formes que l’on a disposées par terre, essayer de représenter avec des kaplas un monument célèbre dont on a la photo … De bonnes activités pour passer du volume au plan et inversement !

On vous parle aussi de ces sujets (et de bien d’autres !) dans notre livre compter et calculer !

Age au moment de l’activité : Firmin, 4 ans et demi

Fifi Brindacier, joie, rebellion et apprentissages informels !

Etant donné que nous avions décidé de passer quelques jours en Suède ce mois de juillet, il était inconcevable de passer à côté de Fifi Brindacier ! J’avais un souvenir un peu vague de la série télé que j’avais finalement assez peu vue, alors j’ai acheté le roman d’origine écrit par Astrid Lindgren pour qu’on le lise ensemble. Et effectivement, on a vu souvent des livres sur la petite héroïne lorsque nous étions en Suède ! Là bas, elle s’appelle Pippi Längstrump ( on comprend pourquoi le traducteur a préféré le prénom de Fifi ^^). En deux mots, Fifi est une fillette orpheline espiègle et libre qui vit seule dans sa maison de manière complètement anticonformiste, avec son singe et son cheval.

La première choses qui frappe à la lecture de ses aventures, c’est la joie de vivre de cette petite fille !

« Ah ! La vie est tout de même formidable ! s’écria Fifi en étirant les jambes. » 

La moindre petite chose la met en joie, la vie est toujours belle pour Fifi ! Elle sait s’enthousiasmer et voir la beauté partout autour d’elle !

Elle est aussi curieuse et ouverte sur le monde, son activité favorite étant d’ailleurs d’être une chercheuse de choses, comme elle dit :

« Le monde est rempli de choses qui n’attendent que d’être trouvées.

– Oh mais quel genre de choses ? insista Annika.

– Oh ! Toutes sortes de choses ! Des pépites d’or, des plumes d’autruche, des rats crevés, des pétards, des vis minuscules, des clous … »

Fifi poussa un cri strident.

-Quel coup de pot ! s’écria-t-elle en soupesant une vieille boîte en fer blanc toute rouillée. Quelle merveille ! On n’a jamais assez de vieilles boîtes » 

Et cette boîte deviendra peut être nous dit Fifi une boîte à gâteaux, un chapeau ou tout autre chose ! Et peu après :

« C’est vraiment mon jour de chance aujourd’hui ! Cette petite bobine est mignonne à croquer ! Parfaite pour souffler des bulles de savon ou pour faire un collier »

En lisant les histoires de cette petite Fifi, j’ai été surprise de retrouver bien des idées des différentes pédagogies alternatives !

Cette boîte, cette bobine qui vont servir dans des bricolages, des jeux, des créations, cela fait bien sûr penser à la pédagogie Reggio ! Utiliser des objets de récup ou de la nature pour des installations, des expériences, des inventions … Ca ressemble quand même pas mal aux loose parts ça !

« (…) un énorme secrétaire muni d’une foule de petits tiroirs. Fifi les ouvrit et montra à Tommy et Annika tous les trésors qu’elle y cachait. Il y avait d’extraordinaires œufs d’oiseaux, des coquillages et des pierres étranges, de magnifiques petites boîtes, des miroirs en argent, des colliers de perles (…) »

Ah ben voilà, on y est à nos loose parts !!!

Et puis bien sûr, l’importance de la nature et de vivre à l’extérieur, et aussi de laisser aux enfants la possibilité de prendre des risques, de bouger, de grimper … de ne pas les laisser dans un cocon, comme c’est le cas pour ses deux petits amis et voisins, Annika et Tommy.  …

« Il y avait également pas mal d’arbres fruitiers et, ô merveille, quelques chênes et ormes centenaires, parfaits pour ceux qui adorent grimper aux arbres. Par contre, le jardin de Tommy et Annika ne regorgeait pas d’arbres de ce genre. Leur maman avait trop peur qu’ils ne tombent et se blessent. C’est pour cela qu’ils n’avaient guère l’habitude de grimper aux arbres. »

Fifi a également une imagination débordante, et adore inventer toutes sortes d’histoires abracadabrantes, tout en ayant parfaitement conscience de l’irréalité de ce qu’elle dit !

« -Est-ce qu’il a des oreilles extraordinairement longues qui lui tombent sur les épaules ?(…) Non … un homme avec des oreilles aussi grandes, ça n’existe pas. Ca serait complètement absurde. Tu imagines un peu ? On ne peut pas avoir des oreilles aussi grandes, du moins … pas dans ce pays, ajouta Fifi, après un moment de réflexion. En Chine, c’est une autre affaire. A ShangaÏ, j’ai vu un chinois avec des oreilles si grandes qu’il pouvait s’en servir comme imperméable. Quand il pleuvait, il se cachait sous ses oreilles, bien au chaud et à l’abri… »

Cela me fait penser aux histoires farfelues écrites par Gianni Rodari, qui intervenait auprès des enfants des écoles Reggio avec sa « grammaire de l’imagination« .Partir d’une situation de départ complètement dingue et imaginer l’histoire qui peut en découler … Exactement comme fait Fifi ici ! On peut penser aussi aux enfants des écoles Freinet qui écrivent des textes libres, quand ils en ont envie, qui peuvent être un récit d’un événement qui leur est arrivé ou au contraire une histoire complètement inventée !

Et puis, un texte qui fera plaisir aux personnes pratiquant l’IEF :

« – Mais tu te rends bien compte qu’il faut que tu ailles à l’école.

– Et pourquoi devrais-je aller à l’école ?

– Pour apprendre des choses, voyons.

– Quel genre de choses ?

– Plein de choses utiles, les tables de multipliccation par exemple.

– Je me suis bien débrouillée sans tables de multiplication pendant des années. Et j’ai bien l’intention de continuer comme ça.

-Allons ! Pense un peu combien c’est triste de ne rien savoir. Imagine quand tu seras grande et quand quelqu’un te demandera par exemple comment s’appelle la capitale du Portugal. Tu ne connaîtras pas la réponse.

– Mais je la connais. Si on me pose la question, je répondrai : « Si vous tenez tellement à savoir comment s’appelle la capitale du Portugal, vous n’avez qu’à écrire directement au Portugal !

– D’accord. Mais ne trouves-tu pas que ce serait mieux si tu le savais toi-même ?

C’est bien possible. Il se peut tout à fait que je passe des nuits blanches à me demander : « Nom d’une pipe, comment s’appelle donc la capitale du Portugal ? » Mais dans ce cas, on ne s’amuse plus tout le temps, répondit Fifi en marchant sur les mains. Et puis, je suis déjà allée à Lisbonne avec mon papa, reprit-elle la tête en bas – car elle savait aussi parler dans cette position. »

Et oui, bien sûr on peut apprendre mille choses en dehors de l’école ! (je précise, mes enfants vont l’école 😉 ) Fifi nous dit que l’on peut apprendre par les événements de la vie, les rencontres, les voyages, les diverses expériences ! On peut savoir que Lisbonne est la capitale du Portugal si l’on y est allé, si l’on a discuté avec un voisin d’origine portugaise, si on aime observer une carte (comme mon Noé !), si dans un livre ou un film un personnage va à Lisbonne … Et puis, si on ne sait pas la réponse, Fifi nous dit qu’on a d’autres moyens pour le savoir : on peut chercher, écrire à quelqu’un qui pourrait nous renseigner …

Elle nous dit qu’on apprend bien ce qui nous est utile, ce qui nous intéresse, ce qui nous amuse …

Elle nous dit aussi qu’on peut apprendre les pieds en l’air et pas forcément sous un bureau !

Et puis elle remet en cause la convention scolaire selon laquelle l’enseignant pose une question et l’élève y répond. C’est encore plus net dans les extraits suivants :

« Que dirais-tu d’un peu de calcul ? Une addition, par exemple. Combien font 7 et 5 ?

Fifi observa la maîtresse, l’air surprise et fâchée.

-Si tu ne le sais pas toi-même, ne compte pas sur moi pour trouver la solution à ta place ! -(…) Je te dirais que 7 et 5 font douze.

-Tu vois bien ! Tu le savais ! Alors, pourquoi me le demander ? »

« – Tommy, si Lisa a 7 pommes et si Axel en a 9, combien en ont-ils tous les deux ?

-Oui, vas-y Tommy, intervint Fifi. Et réponds-moi à ça par la même occasion : si Lisa a mal au ventre et si Axel a encore plus mal au ventre, à qui la faute et où ont-ils fauché les pommes ?

La maîtresse fit comme si elle n’avait pas entendu et se tourna vers Annika :

Gustav est allé en excursion avec ses camarades de classe. Il avait un franc en partant, il lui reste 15 centimes à son retour. Combien a-t-il dépensé ?

-Oui cria Fifi, et j’aimerais bien savoir comment il a gaspillé l’argent, s’il a acheté de la limonade et s’il s’est bien lavé derrière les oreilles avant de partir. »

Fifi est outrée que la maîtresse lui pose des questions dont elle connaît la réponse ! Elle trouve cela complètement absurde ! Et effectivement dans les pédagogies Freinet ou Decroly par exemple, ce sont les élèves eux-mêmes qui se posent des questions, mais de vraies questions en lien avec la vie quotidienne et leurs projets : combien a-t-on besoin d’argent pour acheter le bois nécessaire pour la clôture du jardin ? Ou alors, les enfants jouent à faire des « créations mathématiques » et posent par exemple de petites devinettes à leurs camarades.

A ces questions qui ont peu de sens, Fifi oppose de vraies questions concrètes !

Mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, nulle insolence chez Fifi !

Voici d’ailleurs sa réaction quand on lui reproche son comportement :

« Je me suis mal tenue, moi ? demanda Fifi étonnée. Mais, mais je n’en savais rien ! dit-elle très triste. Et Fifi avait vraiment l’air d’être la petite fille la plus triste du monde. »

Pas une enfant insolente, mais critique! A lire cet excellent article dans apprendre à éduquer : « Sommes-nous prêts à élever des rebelles? »

Alors, à quoi ressemble la journée d’une petite fille libre ? A ça !

« La journée avait été remplie de choses agréables. Fifi s’était levée de bonne heure et avait servi à M. Nilsson du jus d’orange et des croissants au lit. (…) Puis elle avait donné à manger au cheval et l’avait brossé en lui racontant quelques-unes de ses aventures en mer. Puis elle s’étais rendue au salon et avait effectué une grande peinture sur le mur. La peinture représentait une grosse dame vêtue d’une robe rouge et d’un chapeau noir. Celle-ci tenait dans une main une fleur jaune, dans l’autre un rat mort. Fifi trouvait que cette peinture décorait fort bien la pièce. Ensuite elle s’était installée à son secrétaire et avait examiné les œufs d’oiseaux et les coquillages ; elle s’était souvenue des endroits merveilleux où elle et son papa les avaient ramassés (…). Puis elle avait essayé d’apprendre la polka à M. Nilsson mais il n’avait pas voulu. Elle avait pensé un instant d’essayer avec son cheval mais, au lieu de cela, elle s’était enfermée dans son secrétaire. Elle jouait à la sardine dans une boîte de sardines. »

Participer à la vie quotidienne, s’occuper des animaux, peindre librement, observer la nature, rêver, danser, partager ses connaissances avec d’autres (ou essayer !), jeux libres d’imagination … S’exprimer avec les 100 langages de l’enfant comme à Reggio !  Un beau programme, non ? Qui peut se faire en IEF, en écoles « alternatives » mais aussi après l’école, le week end ou pendant les vacances !

Bref, allez découvrir cette attachante petite fille dans un livre très drôle !!! Le texte est facile à lire, à partir de 7 ans environ ( ou moins ou plus !)

Compter et calculer, apprendre avec les pédagogies alternatives

Et voilà donc, après lire et écrire,  le petit dernier dans notre collection :

« Compter et calculer, apprendre avec les pédagogies alternatives »

qui sort le 12 juillet !

Il s’agit comme pour le précédent d’étudier dans les différentes pédagogies dites alternatives leur façon d’aborder les mathématiques et de voir concrètement les pistes d’activités ludiques et de manipulation que l’on peut y trouver.

On rencontrera ainsi au fil des pages Pestalozzi, Froebel, Uno Cygnaeus, Séguin, Grube, Charlotte Mason, Steiner, Montessori, Decroly, Havrenek, Cuisenaire, Freinet, Gattegno, Malaguzzi et la pédagogie Reggio, Fernand Oury, de la Garanderie, Holt, les frères Lyons et la méthode Singapour.

Alors comme promis, en voici quelques images :

Le livre est divisé en six chapitres ( se préparer à compter, s’initier au calcul actif, aller du concret vers l’abstrait, mesurer peser convertir ; additionner soustraire multiplier diviser  et comprendre la géométrie avec des expériences).

 

Chaque chapitre se divise en plusieurs double pages : à gauche, un aspect plus théorique suivant telle ou telle pédagogie, à droite des activités pratiques pour mettre en oeuvre les données de la page précédente.

Comme dans nos autres livres, un petit dialogue entre Madeleine Deny et moi-même sur nos expériences et nos ressentis au sujet de ces différentes façons d’aborder les mathématiques

…avec des photos prises sur le vif de mes loulous en action !

On retrouve à la fin de l’ensemble des six chapitres des biographies et les idées phares de tous les pédagogues abordés dans le livre.

Le livre se termine par un cahier détachable avec du matériel à découper pour réaliser certaines activités ( le matériel papier ne vaut pas bien sûr le véritable matériel Montessori ou autre mais permet de réaliser quand même les activités sans avoir forcément le matériel intégralement …)

Pour voir l’article de présentation du livre « Lire et écrire », cliquez ici, pour celui sur le grand guide des pédagogies alternatives, cliquez là.

Vous les trouverez tous les trois dans toutes vos bonnes librairies, mais vous pouvez aussi les commander sur internet : Le grand guide des pédagogies alternatives ; lire et écrire ; compter et calculer ! N’hésitez pas d’ailleurs si vous les avez aimés à laisser un commentaire sur des sites tels que Amazon, Fnac, Babelio … Cela permet d’avoir une meilleure visibilité ! Merci et bonne lecture !

 

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Lire et écrire : apprendre avec les pédagogies alternatives

Et voilà ! J’ai reçu mes exemplaires de « Lire et écrire » ! En librairie dès les 21 (ce qui fait jeudi prochain !!) mais précommandable dès maintenant sur internet.

Je vais donc pouvoir le feuilleter avec vous pour vous le présenter un peu !!!

Notre objectif avec ce livre était d’aller voir ce qu’un certain nombre de pédagogues pouvaient avoir à nous dire dans plusieurs domaines d’apprentissage. Nous avons tout naturellement commencé par l’apprentissage de la lecture et de l’écriture en étudiant une vingtaine de personnalités connues et d’autres moins connues, mais toutes avec des pistes intéressantes et variées : Froebel, Grosselin, Seguin,  Kergomard, Mason, Steiner, Montessori, Decroly, Claparède, Freinet, Tortel, Borel-Maisonny, Ashton-Warner, Gattegno, Malaguzzi (Reggio), Rodari, la Garanderie, Freire, Holt … et même dans l’Antiquité avec Quintilien !

Ce qui nous a plu, ce sont toutes ces propositions d’apprentissage actif où l’on apprend à lire en jouant, en dansant, en touchant, en dessinant, en écoutant, en chantant, en bougeant, en utilisant les gestes ou les couleurs, en échangeant avec les autres, en prenant en compte la personnalité et l’affectivité de l’enfant… Nous n’avons pas voulu rentrer dans des querelles de méthodes, étant persuadées que chaque enfant est différent et que ces approches multiples se complétaient. L’essentiel est bien d’être dans la joie d’apprendre, de découvrir, d’inventer et de s’amuser !

Chaque double page aborde ainsi un aspect de la lecture autour d’un ou plusieurs pédagogues. Sur la page de gauche, il s’agit de voir ce que ces pédagogues en ont dit et ce qu’ils pouvaient avec les enfants sur ce sujet et sur la page de droite, on retrouve des activités très concrètes et simples à mettre en place.

A la fin de chaque chapitre, nous échangeons avec Madeleine sur les différents points énoncés précédemment, donnant des exemples vécus en famille ou avec d’autres enfants (vous reconnaissez peut-être Noé et Firmin sur les photos 😉 )

A la fin de l’ouvrage, on retrouve tous les pédagogues dont on a parlé dans le livre avec pour chacun une biographie et ses grandes idées, ainsi que les pages où l’on peut les découvrir.

Dans la lignée du grand guide des pédagogies alternatives, voici donc une nouvelle collection qui commence !

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