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Story board

En ce moment plus que jamais Baptiste filme et filme encore !

Hier matin, il a pris une feuille de brouillon et a fait pour la première fois (je crois) un story board : un dessin de chaque plan où il indiquait l’angle de prise de vue, les gros plans, les contre plongée ..

Il avait tout en tête cette fois-ci lorsqu’il a pris sa caméra et a appelé sa soeur et ses petits frères pour tourner ses plans !

Et ça donne ce petit film, « un jeu de grands »  :

J’en profite pour vous présenter les autres films qu’il a réalisés depuis deux semaines :

Tout d’abord Compostelle 2, un film qu’il a tourné pendant notre semaine sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle avec l’Arche. Il avait dans son groupe trois personnes avec un handicap mental, une assistante, deux autres adultes et deux adolescents et forcément, ils se sont amusés à faire un film déjanté avec toutes les personnes du groupe comme acteurs : une histoire de 3 hommes maléfiques veulent s’emparer des 3 coquilles sacrées pour obtenir le pouvoir ultime….

Puis un film dont le scénario est de Lison et sa copine pour le collège, sur le thème d’une maison du futur … (Baptiste lui aussi avait fait une vidéo pour l’EPI, Enseignements Pratiques Interdisciplinaires)

Et pour finir, il a adapté deux petites histoires d’une bande dessinée de la revue Astrapi, Kiki et Aliène, deux extra terrestres, en faisant jouer son petit frère Noé !

N’hésitez pas à vous abonner à la page You tube de Baptiste si vous voulez suivre ses petits films !

(Ages au moment de l’activité : Baptiste, 14 ans et 4 mois ; Lison, 11 ans et 9 mois ; Noé, 5 ans et 11 mois ; Firmin, 2 ans et 11 mois) 

Pour découvrir les autres films de Baptiste, cliquez ici !

Non au saucissonnage !

J’ai lu chez plusieurs pédagogues que nous n’apprenons pas dans la simplicité mais dans la complexité, lorsque notre cerveau fait des connexions avec des choses déjà vues, des expériences vécues auparavant, en faisant des liens entre différents domaines ! Je me souviens que Rémi à 3 ans m’avait vraiment surprise, remarquant une corne d’abondance je crois dans un dessin animé parce qu’il en avait vue une la veille alors que nous regardions un livre d’art.

Allez, je vous cause un peu de la pédagogie Reggio que j’adore et qui va bien plus loin que simplement faire de jolies choses avec des billes en verre sur un miroir ! Parce qu’à Reggio, la complexité, ils adorent !

Ils considèrent , à juste titre , que le  monde qui nous entoure est complexe et multiforme mais qu’il ne faut pas avoir peur de cette complexité et s’enfermer dans une fausse simplicité des choses. La connaissance a de multiples racines et non,  l’enfant n’apprend pas de façon linéaire, selon des étapes bien hiérarchisées !  Les enfants interagissent sans arrêt avec les personnes, les objets ou les images autour d’eux. C’est pour ça que la meilleure façon d’aborder un sujet, c’est de le concevoir sous différents points de vue en utilisant plusieurs langages différents. On apprend réellement lorsque l’on fait des connexions entre les connaissances, lorsque une image nous rappelle quelque chose vue dans un film qui nous rappelle une activité que nous avons faite. C’est en croisant les connaissances que l’on apprend et que les savoirs sont ancrés en nous. Ainsi, le soucis principal des écoles Reggio est de créer des connexions à travers de multiples expériences.

image2-reggio-emiliaEt de ces connexions apparaîtront des choses inattendues et surprenantes qui conduiront à des pensées nouvelles ! Pour trouver du plaisir et attiser la curiosité, l’esprit est beaucoup plus stimulé par une situation complexe plutôt que simple et isolée en créant des analogies. Et c’est avec une approche esthétique qui a lieu dans l’atelier avec l’utilisation des cent langages que l’on peut connecter entre eux ces différents éléments de réalité.

Nous-mêmes, nous sommes un tout et à l’école, on nous découpe en tranches, le savoir est saucissonné en français, Histoire, math, chacun dans une case. Dans les écoles Reggio, ils font tout pour éviter que des frontières soient crées entre les différents domaines et la rationalité peut aller avec l’imagination, les connaissances avec les émotions, la science avec l’esthétique, la logique avec la fantaisie. On peut cultiver l’imagination tout en renforçant le sens du possible.

Plutôt que de simplifier une situation qui paraît trop complexe pour notre enfant, il vaudrait mieux l’aider à l’aborder de multiples façons pour cerner petit à petit la question. Cela peut être en regardant un livre, un film, en faisant une maquette, en jouant, en manipulant des personnages, en peignant, en entendant d’autres points de vue différents sur le même sujet,  en l’expérimentant avec notre corps (mime, théâtre …), en créant un dessin animé …

Et puis l’apprentissage est circulaire, l’enfant entendra parler plus tard à nouveau du même sujet et riche de ses expériences, il approfondira encore ses connaissances.  A Reggio, ils laissent l’enfant élaborer ses théories (par les mots, le dessin …) , même si elles nous semblent absurdes, cela n’a pas d’importance. Il construit peu à peu son savoir qui se modifiera de lui-même au contact d’éléments nouveaux et de discussions avec d’autres. Si nous lui plaquons un savoir qu’il n’est pas prêt à entendre, cela sera sans effet. Il faut que l’enfant se sente libre de ses expérimentations, sans sentir de jugements de la part de l’adulte, sans peur de se tromper. L’important est bien la pensée, l’expression, la recherche et non le résultat.

Pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que je trouve qu’il y a de plus en plus de projets dans nos écoles « traditionnelles » où justement on casse un peu les murs entre les matières et moi j’aime ça ! Par exemple, Rémi, pour le bac, a du proposer un projet reliant deux matières différentes et le présenter d’une manière originale. Ainsi, dans son groupe, ils ont parlé des miroirs ardents (vous savez, dans l’Antiquité, ces miroirs qui brûlaient les flottes ennemies) et ont donc étudié le sujet sur le plan historique et physique : il a donc lu les auteurs latins, réalisé des expériences et tout ça sur le même sujet, puis ils ont présenté leurs travaux sous la forme d’une Bande dessinée ! Et ben c’est super riche, ça, je trouve ! Et quand j’entends des esprits chagrins qui rouspètent parce que ça fait perdre du temps aux élèves qui n’ont pas le temps de finir le programme, et ben je pense qu’ils ont rien compris !

Autre exemple, Baptiste, la semaine dernière, avec les fameux EPI (Enseignements Pratiques interdisciplinaires). Alors oui c’est peut-être pas encore au point, les profs tâtonnent encore un peu mais c’est pas grave ! Baptiste travaille donc sur l’autoportrait dans trois matières : français, anglais et espagnol. Là encore, il devait présenter son travail comme il le souhaitait. Il a choisi … allez devinez … tadam … Gagné ! La vidéo ! Il a choisi d’interpréter un animateur télé présentant son émission : Coïncidences exceptionnelles car la coïncidence exceptionnelle du jour, c’est qu’il a trouvé trois Baptiste Pigache de trois nationalités différentes qui vont chacun se présenter. Je vous laisse découvrir sa vidéo, moi, en toute objectivité, je l’ai trouvée super !

(Et puis rien à voir avec le sujet de la complexité et des connexions entre différents domaines, mais j’en profite pour vous montrer un autre de ses petits films que Baptiste vient de finir de monter : Le voyage du colonel Bon Bibine :

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