Non au saucissonnage !

J’ai lu chez plusieurs pédagogues que nous n’apprenons pas dans la simplicité mais dans la complexité, lorsque notre cerveau fait des connexions avec des choses déjà vues, des expériences vécues auparavant, en faisant des liens entre différents domaines ! Je me souviens que Rémi à 3 ans m’avait vraiment surprise, remarquant une corne d’abondance je crois dans un dessin animé parce qu’il en avait vue une la veille alors que nous regardions un livre d’art.

Allez, je vous cause un peu de la pédagogie Reggio que j’adore et qui va bien plus loin que simplement faire de jolies choses avec des billes en verre sur un miroir ! Parce qu’à Reggio, la complexité, ils adorent !

Ils considèrent , à juste titre , que le  monde qui nous entoure est complexe et multiforme mais qu’il ne faut pas avoir peur de cette complexité et s’enfermer dans une fausse simplicité des choses. La connaissance a de multiples racines et non,  l’enfant n’apprend pas de façon linéaire, selon des étapes bien hiérarchisées !  Les enfants interagissent sans arrêt avec les personnes, les objets ou les images autour d’eux. C’est pour ça que la meilleure façon d’aborder un sujet, c’est de le concevoir sous différents points de vue en utilisant plusieurs langages différents. On apprend réellement lorsque l’on fait des connexions entre les connaissances, lorsque une image nous rappelle quelque chose vue dans un film qui nous rappelle une activité que nous avons faite. C’est en croisant les connaissances que l’on apprend et que les savoirs sont ancrés en nous. Ainsi, le soucis principal des écoles Reggio est de créer des connexions à travers de multiples expériences.

image2-reggio-emiliaEt de ces connexions apparaîtront des choses inattendues et surprenantes qui conduiront à des pensées nouvelles ! Pour trouver du plaisir et attiser la curiosité, l’esprit est beaucoup plus stimulé par une situation complexe plutôt que simple et isolée en créant des analogies. Et c’est avec une approche esthétique qui a lieu dans l’atelier avec l’utilisation des cent langages que l’on peut connecter entre eux ces différents éléments de réalité.

Nous-mêmes, nous sommes un tout et à l’école, on nous découpe en tranches, le savoir est saucissonné en français, Histoire, math, chacun dans une case. Dans les écoles Reggio, ils font tout pour éviter que des frontières soient crées entre les différents domaines et la rationalité peut aller avec l’imagination, les connaissances avec les émotions, la science avec l’esthétique, la logique avec la fantaisie. On peut cultiver l’imagination tout en renforçant le sens du possible.

Plutôt que de simplifier une situation qui paraît trop complexe pour notre enfant, il vaudrait mieux l’aider à l’aborder de multiples façons pour cerner petit à petit la question. Cela peut être en regardant un livre, un film, en faisant une maquette, en jouant, en manipulant des personnages, en peignant, en entendant d’autres points de vue différents sur le même sujet,  en l’expérimentant avec notre corps (mime, théâtre …), en créant un dessin animé …

Et puis l’apprentissage est circulaire, l’enfant entendra parler plus tard à nouveau du même sujet et riche de ses expériences, il approfondira encore ses connaissances.  A Reggio, ils laissent l’enfant élaborer ses théories (par les mots, le dessin …) , même si elles nous semblent absurdes, cela n’a pas d’importance. Il construit peu à peu son savoir qui se modifiera de lui-même au contact d’éléments nouveaux et de discussions avec d’autres. Si nous lui plaquons un savoir qu’il n’est pas prêt à entendre, cela sera sans effet. Il faut que l’enfant se sente libre de ses expérimentations, sans sentir de jugements de la part de l’adulte, sans peur de se tromper. L’important est bien la pensée, l’expression, la recherche et non le résultat.

Pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que je trouve qu’il y a de plus en plus de projets dans nos écoles « traditionnelles » où justement on casse un peu les murs entre les matières et moi j’aime ça ! Par exemple, Rémi, pour le bac, a du proposer un projet reliant deux matières différentes et le présenter d’une manière originale. Ainsi, dans son groupe, ils ont parlé des miroirs ardents (vous savez, dans l’Antiquité, ces miroirs qui brûlaient les flottes ennemies) et ont donc étudié le sujet sur le plan historique et physique : il a donc lu les auteurs latins, réalisé des expériences et tout ça sur le même sujet, puis ils ont présenté leurs travaux sous la forme d’une Bande dessinée ! Et ben c’est super riche, ça, je trouve ! Et quand j’entends des esprits chagrins qui rouspètent parce que ça fait perdre du temps aux élèves qui n’ont pas le temps de finir le programme, et ben je pense qu’ils ont rien compris !

Autre exemple, Baptiste, la semaine dernière, avec les fameux EPI (Enseignements Pratiques interdisciplinaires). Alors oui c’est peut-être pas encore au point, les profs tâtonnent encore un peu mais c’est pas grave ! Baptiste travaille donc sur l’autoportrait dans trois matières : français, anglais et espagnol. Là encore, il devait présenter son travail comme il le souhaitait. Il a choisi … allez devinez … tadam … Gagné ! La vidéo ! Il a choisi d’interpréter un animateur télé présentant son émission : Coïncidences exceptionnelles car la coïncidence exceptionnelle du jour, c’est qu’il a trouvé trois Baptiste Pigache de trois nationalités différentes qui vont chacun se présenter. Je vous laisse découvrir sa vidéo, moi, en toute objectivité, je l’ai trouvée super !

(Et puis rien à voir avec le sujet de la complexité et des connexions entre différents domaines, mais j’en profite pour vous montrer un autre de ses petits films que Baptiste vient de finir de monter : Le voyage du colonel Bon Bibine :

Pour découvrir d’autres infos sur la pédagogie Reggio, cliquez ici !

Pour découvrir tous les films de Baptiste, cliquez ici !

 

6 réflexions au sujet de « Non au saucissonnage ! »

  1. Je suis bien d’accord avec toi, c’est tellement mieux lorsque les enseignements prennent du sens… Mais pas facile encore, cette réforme est tellement décriée, la plupart des collègues la vident de sa substance. Chez nous les EPI n’ont pas grand sens, personne ne veut s’investir avec les autres, alors on fait semblant de faire de l’interdisciplinarité… J’espère avoir bientôt un poste dans un collège où ça fera sens (ou réussir à ouvrir une section Freinet dans un collège 😀 le rêêêêêêve !!!!!)

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  2. C’est pour ça que j’aime bien savoir ce qu’apprennent mes enfants à l’école. Ca me permet de reprendre les choses à la maison de manière différente, via d’autres supports. Les enfants sont super contents car ils peuvent reexploité ce qu’ils ont appris et on continue d’apprendre ensemble!

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