On continue de mettre côté différentes choses à la mode Reggio, après nos boîtes à trésor, après notre maison de la nature, nous continuons à remplir boîtes et paniers avec des coquillages, des pierres, des bâtons …
Et de temps en temps, Firmin par exemple va chercher une boite pour jouer d’une façon ou d’une autre !
Les coquilles Saint Jacques et les « couteaux » sont parfaits pour jouer à la dînette !
Un jour il a sorti un à un tous les glands pour les installer sur la chaise !
Un jour, ce sont les bâtonnets colorés d’esquimau que Firmin se met à installer !
Je le regarde et suis très étonnée de son organisation ! Un carré, un bâtonnet dans chaque angle, d’autres bâtonnets le long des côtés …
…D’autres sur le bord de la table …
Mais les installations c’est encore et toujours avec les différents jeux de construction ! Voici donc une installation de Firmin qui intéresse beaucoup Noé qui y amène des personnages et une histoire va commencer !
Installations aussi sur la table lumineuse, complétée par un dessin au feutre ! C’est une maison en feu m’a dit Noé.
Et puis parfois, les installations se transforment en circuits de dominos en utilisant dominos mais aussi spielgaben, éléments du circuit de train …
… Et là c’est Baptiste qui vient mettre son grain de sel !
(Ages au moment de l’activité : Firmin, 3 ans ; Noé, 6 ans et Baptiste, 14 ans et demi ! )
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Explorer l’ombre et la lumière : une activité très « Reggio » ! Ca faisait un moment que j’avais en tête d’exploiter ça avec Noé, et puis j’ai vu passer plusieurs fois sur internet cette activité alors un jour de grand soleil, j’ai sorti une grande feuille blanche pour Noé, un crayon et je lui ai demandé de prendre un joli objet. Il a choisi ce beau coquillage et en a dessiné le contour.
Puis il a pris une petite girafe. Que l’ombre était longue ! (Nous étions en fin d’après-midi)
Puis il a décidé de les peindre (et on ressort quelques pots de notre jeu de peindre !)
Et on peint la girafe aussi !
Le lendemain, Noé refait la même activité mais en fin de matinée. Surprise : la girafe est bien moins grande !
Il retrace également les contours du coquillage …
Et voilà, reste à peindre la petite girafe !
(Age au moment de l’activité : Noé, 5 ans et 10 mois)
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J’ai lu chez plusieurs pédagogues que nous n’apprenons pas dans la simplicité mais dans la complexité, lorsque notre cerveau fait des connexions avec des choses déjà vues, des expériences vécues auparavant, en faisant des liens entre différents domaines ! Je me souviens que Rémi à 3 ans m’avait vraiment surprise, remarquant une corne d’abondance je crois dans un dessin animé parce qu’il en avait vue une la veille alors que nous regardions un livre d’art.
Allez, je vous cause un peu de la pédagogie Reggio que j’adore et qui va bien plus loin que simplement faire de jolies choses avec des billes en verre sur un miroir ! Parce qu’à Reggio, la complexité, ils adorent !
Ils considèrent , à juste titre , que le monde qui nous entoure est complexe et multiforme mais qu’il ne faut pas avoir peur de cette complexité et s’enfermer dans une fausse simplicité des choses. La connaissance a de multiples racines et non, l’enfant n’apprend pas de façon linéaire, selon des étapes bien hiérarchisées ! Les enfants interagissent sans arrêt avec les personnes, les objets ou les images autour d’eux. C’est pour ça que la meilleure façon d’aborder un sujet, c’est de le concevoir sous différents points de vue en utilisant plusieurs langages différents. On apprend réellement lorsque l’on fait des connexions entre les connaissances, lorsque une image nous rappelle quelque chose vue dans un film qui nous rappelle une activité que nous avons faite. C’est en croisant les connaissances que l’on apprend et que les savoirs sont ancrés en nous. Ainsi, le soucis principal des écoles Reggio est de créer des connexions à travers de multiples expériences.
Et de ces connexions apparaîtront des choses inattendues et surprenantes qui conduiront à des pensées nouvelles ! Pour trouver du plaisir et attiser la curiosité, l’esprit est beaucoup plus stimulé par une situation complexe plutôt que simple et isolée en créant des analogies. Et c’est avec une approche esthétique qui a lieu dans l’atelier avec l’utilisation des cent langages que l’on peut connecter entre eux ces différents éléments de réalité.
Nous-mêmes, nous sommes un tout et à l’école, on nous découpe en tranches, le savoir est saucissonné en français, Histoire, math, chacun dans une case. Dans les écoles Reggio, ils font tout pour éviter que des frontières soient crées entre les différents domaines et la rationalité peut aller avec l’imagination, les connaissances avec les émotions, la science avec l’esthétique, la logique avec la fantaisie. On peut cultiver l’imagination tout en renforçant le sens du possible.
Plutôt que de simplifier une situation qui paraît trop complexe pour notre enfant, il vaudrait mieux l’aider à l’aborder de multiples façons pour cerner petit à petit la question. Cela peut être en regardant un livre, un film, en faisant une maquette, en jouant, en manipulant des personnages, en peignant, en entendant d’autres points de vue différents sur le même sujet, en l’expérimentant avec notre corps (mime, théâtre …), en créant un dessin animé …
Et puis l’apprentissage est circulaire, l’enfant entendra parler plus tard à nouveau du même sujet et riche de ses expériences, il approfondira encore ses connaissances. A Reggio, ils laissent l’enfant élaborer ses théories (par les mots, le dessin …) , même si elles nous semblent absurdes, cela n’a pas d’importance. Il construit peu à peu son savoir qui se modifiera de lui-même au contact d’éléments nouveaux et de discussions avec d’autres. Si nous lui plaquons un savoir qu’il n’est pas prêt à entendre, cela sera sans effet. Il faut que l’enfant se sente libre de ses expérimentations, sans sentir de jugements de la part de l’adulte, sans peur de se tromper. L’important est bien la pensée, l’expression, la recherche et non le résultat.
Pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que je trouve qu’il y a de plus en plus de projets dans nos écoles « traditionnelles » où justement on casse un peu les murs entre les matières et moi j’aime ça ! Par exemple, Rémi, pour le bac, a du proposer un projet reliant deux matières différentes et le présenter d’une manière originale. Ainsi, dans son groupe, ils ont parlé des miroirs ardents (vous savez, dans l’Antiquité, ces miroirs qui brûlaient les flottes ennemies) et ont donc étudié le sujet sur le plan historique et physique : il a donc lu les auteurs latins, réalisé des expériences et tout ça sur le même sujet, puis ils ont présenté leurs travaux sous la forme d’une Bande dessinée ! Et ben c’est super riche, ça, je trouve ! Et quand j’entends des esprits chagrins qui rouspètent parce que ça fait perdre du temps aux élèves qui n’ont pas le temps de finir le programme, et ben je pense qu’ils ont rien compris !
Autre exemple, Baptiste, la semaine dernière, avec les fameux EPI (Enseignements Pratiques interdisciplinaires). Alors oui c’est peut-être pas encore au point, les profs tâtonnent encore un peu mais c’est pas grave ! Baptiste travaille donc sur l’autoportrait dans trois matières : français, anglais et espagnol. Là encore, il devait présenter son travail comme il le souhaitait. Il a choisi … allez devinez … tadam … Gagné ! La vidéo ! Il a choisi d’interpréter un animateur télé présentant son émission : Coïncidences exceptionnelles car la coïncidence exceptionnelle du jour, c’est qu’il a trouvé trois Baptiste Pigache de trois nationalités différentes qui vont chacun se présenter. Je vous laisse découvrir sa vidéo, moi, en toute objectivité, je l’ai trouvée super !
(Et puis rien à voir avec le sujet de la complexité et des connexions entre différents domaines, mais j’en profite pour vous montrer un autre de ses petits films que Baptiste vient de finir de monter : Le voyage du colonel Bon Bibine :
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Baptiste au collège a fait un projet très sympa je trouve en Arts Plastiques autour de l’autoportrait. Ils devaient faire trois autoportraits en utilisant les techniques de leur choix : un autoportrait physique, un autoportrait « moral » avec leurs goûts et leur « moi idéal » dans le futur.
Baptiste a fait un trois en un (il était absent pour le premier je crois d’ailleurs !) et a choisi de faire une production en volume ! On voit bien le portrait physique, on le reconnaît bien d’ailleurs je trouve ! Son moi idéal dans le futur, c’est un Baptiste cinéaste que l’on voit avec sa caméra devant un fond vert ! (si vous voulez voir les petits films et effets spéciaux de Baptiste, c’est là !). Et puis, dans la pellicule qui sort de la caméra, il a dessiné un certain nombre de ses passions ! On reconnaît le saxo, le théâtre, le cinéma, la peinture, le dessin, le « bricolage » avec ciseaux et scotch et … ben le dernier je le vois pas … et comme la production est restée au collège … tant pis ! J’ai trouvé ça vraiment sympa comme activité !
Le thème de l’autoportrait, de la découverte de son image, de la découverte soi est un thème passionnant à explorer avec les enfants ! Quelques idées en vrac (dont certaines sont piquées à des projets Reggio !):
s’observer dans un miroir puis essayer de se représenter.
se représenter mutuellement avec quelqu’un ( ça peut être vous et votre enfant !)
se mettre l’un en face de l’autre et jouer au jeu du miroir : l’autre reproduit les gestes et grimaces de l’autre en miroir ! fou rire garanti ! (et si quelqu’un peut filmer, c’est encore plus drôle !)
Faire son autoportrait en disposant des objets …
Mimer des émotions devant un miroir, les dessiner …
Dessiner : des mains joyeuses, un cerveau en colère …
se représenter avec différents langages : modelage, dessin, collage, écrit, photographie, pourquoi pas danse, musique ???
Dessiner sa tête (ou prendre une photo de son visage) et y dessiner/coller toutes sortes d’éléments nous représentant : choses ou personnes que l’on aime, passions, pays, musique, sport, anecdote … tout ce qu’on veut !
Peindre (plutôt à l’encre) par dessus une photo de soi
Placer une vitre ou plastique transparent par dessus une photo de soi et en dessiner les contours.
Faire un autoportrait en essayant de s’inspirer du style d’un artiste
Coller une photo du visage et dessiner/ peindre le corps … ou l’inverse !!!
L’autre jour, j’ai posé par terre les morceaux de bois ramassés en promenade, les coquillages mis de côté au fil du temps quand on va à la mer et des « billes » . J’ai appelé Noé et je lui ai proposé de faire quelque chose avec. Il a commencé à sortir quelques éléments, à les assembler : oh, je vais faire le palais idéal ! Si vous ne connaissez pas le palais idéal du facteur Cheval, je vous invite à aller voir ici, ça vaut le détour !
Il dispose délicatement les coquillages les billes sur les bois…
Puis je leur sors les petits miroirs.
Aussitôt sortis, aussitôt installés !
Et ça permet vraiment de voir les choses différemment !
Firmin sort la boîte de fils qu’il affectionne particulièrement en ce moment.
Noé a réussi à lui en extorquer un ! Il m’a demandé de lui attacher au bout du bâton et il l’a entouré avec.
Il installe le joli bâton !
Il glisse une perle entre deux bouts de bois, subtilement cachée !
Puis il commence à installer des billes/ perles (décidément, je ne sais pas comment les appeler) autour du miroir carré.
Firmin ne participe pas à la construction mais est allé chercher des « cubes » et fait sa petite construction à lui à côté !
On remet eb place un petit bâton … et oui, c’est fragile tout ça !
Et voilà Noé content de son palais idéal ! Et j’aime bien aussi les petits assemblages de Firmin à côté !
(Ages au moment de l’activité : Noé, 5 ans et 3 mois et Firmin 2 ans et 3 mois)
Alors, que met-on sous le terme pédagogie Reggio ? Déjà, les pédagogues reggians ne revendiquent pas une pédagogie, mais une expérience. Effectivement, quand on parle de Reggio sur le net, on voit surtout des miroirs, des loose parts et des tables lumineuses, qui sont il est vrai utilisés dans cette « pédagogie ». Mais pour moi, ce que je retiens avant tout de Reggio, ce sont les cent langages de l’enfant. Allez, je vous remets le poème de Loris Malaguzzi, il est parlant :
LES CENT LANGAGES DE L’ENFANT
l’enfant
est constituée d’une centaine.
L’enfant dispose d’
une centaine de langues
de cent mains
d’une centaine de pensées
d’une centaine de façons de penser
de jouer et de parler
toujours à cent pour cent
façons d’écouter
de s’émerveiller à l’amour
cent joies
pour le chant et la compréhension
une centaine de mondes
à découvrir
une centaine de mondes
à inventer
une centaine de mondes
à rêver.
L’enfant a
une centaine de langues
(Et une centaine de centaines de centaines d’autres)
mais ils lui volent quatre vingt dix neuf.
L’école et la culture,à
séparer la tête du corps.
Ils lui disent:
de penser sans les mains,de
faire sans tête
d’écouter et de ne pas parler
à comprendre sans joie
à aimer et à admirer
seulement à Pâques et à Noël.
Ils lui disent:
pour découvrir le monde déjà là
et pour cent
ils volent quatre vingt dix neuf.
Ils lui disent:
que le travail et le jeu
la réalité et l’imaginaire
la science et l’imagination
le ciel et la terre
la raison et le rêve
sont des choses
qui ne vont pas ensemble.
Et c’est ainsi qu’ils disent
que la centaine n’est pas là.
L’enfant dit:
Rien à faire; Le cent est là.
Loris Malaguzzi
Alors, je pense qu’on est dans l’esprit Reggio quand on laisse la possibilité à l’enfant de créer en explorant ces différents langages, de faire ses expériences ! Soit cela vient d’eux et c’est super, il suffit (ou non !) de les accompagner , soit on peut simplement leur proposer d’autres techniques, d’autres matériaux …
Voici quelques idées de langages possibles que nous avons explorés : (attention, ce ne sont pas des « modèles « , juste des exemples de ce que nous on a fait ! )
jardinerEt puis bien sûr des centaines d’autres à inventer !
Et ne pas oublier qu’il ne faut surtout pas avoir d’idées préconçues de ce que va créer son enfant, le laisser faire, transgresser ce qu’on pensait et se laisser surprendre ! C’est de là que vient la créativité, la nouveauté ! Et le plus important, ce n’est absolument pas le résultat obtenu, mais la démarche de l’enfant, ce qu’il a ressenti, expérimenté, inventé !
Ce qui est intéressant aussi et source de richesse et de créativité, c’est de mêler plusieurs langages les laisser « danser ensemble » comme ils disent à Reggio. Par exemple, en faisant un film, plein de langages sont entremêlés (costumes, langage du corps, écriture, expression orale, langage informatique pour le montage, musique pour le générique …). Pareil quand Noé a crée son livre, plein de langages ont été mis à contribution !
On avait fait aussi un mini projet autour des machines (à partir de dessins de Noé) qui nous ont permis de naviguer à travers plusieurs langages aussi, l’un en appelant un autre ! Ca avait été très chouette ! (voici quelques pages de la « documentation » (autre caractéristique reggiane que j’avais faite sur cette expérience. La totale est dans les articles ! )
Sinon, est-il nécessaire d’estampiller « Reggio » ces activités ? Non bien sûr, on s’en fiche de l’étiquette, on est bien d’accord ! Par contre, m’intéresser à cette pédagogie m’a permis d’ouvrir des portes, d’élargir nos horizons, de voir qu’on peut s’exprimer de multiples façons, faire plein d’expériences, laisser parler la créativité !
Mais Reggio ce n’est pas que ça non plus !!!
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